L'acteur Roger Moore alias Simon Templar, alias James Bond, est décédé à l'âge de 89 ans en Suisse, des suites d'un cancer. Retour sur la carrière en celluloïd du britannique.

Roger Moore, 1971
Roger Moore, 1971 © Getty / Lichfield

"Vivre et laisser mourir", titre de son deuxième James Bond, pourrait être l'épitaphe qui clôturerait non sans humour la vie de Roger Moore. A l'âge de 89 ans, l'acteur britannique s'est éteint laissant derrière lui un chapitre bien rempli de l'histoire du cinéma. Il a interprété des rôles mythiques sur petit comme sur grand écran, qui lui valurent le privilège de se retrouver en photo dans les tiroirs des tables de nuits de nombreuses adolescentes (et adolescents).

Roger Moore, acteur de série

De son interprétation d'Ivanhoé à son rôle d’ambassadeur de l'UNICEF pour les droits de l'enfant, il n'y aurait qu'un pas à franchir pour imaginer que son destin était de sauver pour de faux comme pour de vrai. Il porte 39 fois l'armure du chevalier Ivanhoé imaginé par Walter Scott. Puis il délaisse l'armure du moyen-âge pour le costume d'un autre chevalier plus moderne : Simon Templar. Il incarne "Le Saint" pendant sept ans, de 1962 à 1969.

Celui que l'on trouvait trop beau pour incarner James Bond doit encore patienter pour obtenir la consécration sur grand écran, même si sa gloire est déjà faite. Il met à profit son flegme pour incarner Lord Brett Sinclair face à l'excentrique Tony Curtis dans ''Amicalement vôtre".

James Bond, l'humour au shaker

Au début des années 70, Sean Connery raccroche le costume de James Bond une dernière fois pour le laisser enfin à celui qui attendait dans l'ombre son tour d'Aston Martin. Et Roger Moore fait merveille avec sa voix grave et son humour ravageur. Les producteurs lui confieront 7 fois le Walther PPK, de 1973 à 1985. Un record que personne ne lui conteste (sauf Sean Connery, si l'on tient compte de son James Bond non officiel). En effet, c'est en 1983 que Bond affronte Bond. Roger contre Sean. "Octopussy" contre "Jamais plus jamais". La franchise officielle remporte le match.

Roger Moore au micro de François Busnel, dans son émission Le Grand Entretien, le 10 octobre 2012 sur France Inter :

Je vous dois une petite confession : je n'ai entendu parler de James Bond qu'en 1962. Soit huit ou neuf ans après la parution du premier roman de Ian Fleming

Roger Moore après James Bond

Bien sûr, il y a une vie quand on se met en retraite du service de sa Majesté. Son plus gros succès hors James Bond fut "Les Oies sauvages" en 1978 avec Richard Burton, où il incarne un pilote mercenaire.

La suite laisse pourtant à penser qu'on aurait du lui faire passer un "permis de jouer". Il se perd entre les bobines de films plus ou moins réussis et dont les titres essaient de faire écho à l'espion qu'il était comme "Bons baisers d'Athènes"' en 1979 ou "Stratégiquement vôtre" en 2001.

Impossible de passer sous silence sa courageuse participation au film de Jean-Claude Van Damme, "Le Grand Tournoi" en 1996 où il se montre en ceinture noire de cabotinage, ou encore "Spice world, le film" où il apparaît comme la sixième Spice Girls.

La Reine Elizabeth II le fait chevalier de l'empire Britannique en 2003 et en 2008, il est fait commandeur des Arts et Lettres par Christine Albanel, ministre de la culture.

Permis de chanter

En 1965, alors qu'il incarne Simon Templar, Roger Moore s'essaye à la chanson. Ce 45 tours édité chez CBS comporte deux titres dont on peut penser qu'ils ont inspiré Alain Delon dans le phrasé. Avec son épouse de l'époque, l'actrice Luisa Mattioli, il donne vie à deux titres qui ne restèrent pas dans les mémoires : "Where does love go" et "Tomorrow after tomorrow".

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