C’est aujourd’hui qu’est sorti « Safari » le film réalisé par Olivier Baroux avec son ami Kad Merad dans le rôle principal. Si vous n’en connaissez pas l’existence, c’est d’une part une chance, peut-être, et d’autre part une preuve que vous vivez en ermite. Même Martine Aubry le sait puisqu’on l’a vue chez Drucker arborer fièrement, et dans un déhanché qui n’appartient heureusement qu’à elle, le fameux chapeau dit safari, objet fétiche de ce film. Soit dit en passant à ce propos : quand on voit la responsable du principal parti d’opposition faire la pitre à la télé et par-dessus le marché faire la pub d’un film commercial, on se dit que le pitre Gad Elmaleh a bien raison de faire connaître son soutien à la politique fiscale du gouvernement actuel tout en vendant son film commercial. Ce n’est pas le monde à l’envers, c’est le monde dans lequel nous vivons… « Le Parisien », lui a fait sa une avec Kad Merad lundi dernier puis deux pleines pages intérieures où , je cite le titre principal, il a « ensorcelé les lecteurs du journal ». En même temps, on se doute bien que si l’acteur les avait fait fuir en hurlant, ledit quotidien aurait choisi une autre une…Et puis, en lisant une petite note de bas de page dans le dernier numéro du mensuel « Studio Ciné Live », on se dit que le deal avec « Le Parisien » a dû être l’objet de négociations serrées… Jugez plutôt. Pour expliquer l’absence d’un avis critique sur le film de Baroux et Merad, nos confrères de « Studio » ont tenu à préciser dans une rubrique « Pas vus » que « pour « Safari », il ne nous a pas été possible de le visionner sans engagement préalable sur le film ». C’est presque aussi beau qu’un communiqué du Quai d’Orsay et nos confrères sont bien gentils d’exprimer leur mécontentement en des termes si bien élevés. En clair, cela signifie que le film n’a pas été montré à l’équipe du journal parce que cette dernière a refusé par avance de préciser la nature du traitement et l’avis critique qui seraient ensuite réservés au film.C’est la célèbre tactique chère aux distributeurs nostalgiques de Vichy : « Vous aimez le film avant même de l’avoir vu et tout se passera bien. » ou bien encore « Nous avons les moyens de vous faire taire… en ne vous montrant pas le film ». Il semble que nos confrères de « Télérama »,entre autres, aient subi le même sort puisque l’hebdomadaire qui se fait un devoir chaque semaine de parler de tous les films sortis ne consacre pas une ligne à « Safari » dans son nouveau numéro en kiosque ce jour. Bienvenue au club !Quoi qu’il en soit, on sait que ces pratiques d’un autre âge semblent a contrario se développer à l’heure actuelle. Personnellement, je n’ai pas été invité aux projections de presse du film. Je n’ai donc pas d’avis dessus. Alors que la vraie réponse à ces petits censeurs, à ces empêcheurs de travailler normalement ce serait précisément d’écrire une critique de ce film sans l’avoir vu. Oui, ce serait normal, ce serait la meilleure façon de les piéger à leur propre jeu. On écrirait tout et n’importe quoi à propos d’un film pour lequel les producteurs et distributeurs font tout et n’importe quoi de leur côté. Quand à Kad et Olivier, on se demande où est donc passé leur légendaire sens de l’humour, de la dérision et de l’autodérision, quand ils cautionnent forcément de telles pratiques. Ces deux rigolos ne rigolent manifestement pas tous les jours…La phrase du jour ?« Ce papier est ta peau, cette encre est mon sang, j’appuie fort pour qu’il entre. »Phrase extraite des scénarios des « Deux anglaises et le continent » puis « Jules et Jim » de François Truffaut

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