On me trouvera Sautetmaniaque et on aura peut-être raison. On me reprochera de ne dire rien sur Inception ou sur L’Arbre . Mais cet été fut pour le critique de cinéma une pause dans la pratique de … l’actualité. Comme si durant deux ou mois ou presque, aucun film nouveau n’était sorti sur les écrans. Comme si le merveilleux Tournée de Mathieu Amalric (dont soit dit en passant la réjouissante BO vient de sortir en CD sous le label Jade) avait mis fin à une saison de cinéma. Juillet-août : RAS côté nouveaux films ! Même pas une décision a priori, plutôt un constat deux mois plus tard. Des nouveaux livres, des nouvelles pièces, des nouvelles musiques, des nouveaux visages, des nouveaux paysages, des nouveaux parfums, des nouvelles sensations, des nouveaux plaisirs, oui, mille fois. Mais pas de nouveau film, non. En revanche des « vieux » (!) films oui. Dont il a été question ici ou non. Et par hasard, par pur hasard vraiment, plutôt des comédies françaises. Celles dont on ne rougit pas mais dont on se réjouit. Parmi elles, La Vie de châterau et Le Sauvage , histoire de bien se persuader que Rappeneau égale tempo. Un génie du rythme délicat. Pas de temps mort mais de la place au temps, en revanche. Et puis, au milieu, la reine Catherine. Deneuve en majesté comme dans le générique incroyable de La Vie de château : le visage de Deneuve sous toutes les coutures façon « Vogue » et un revolver. Point barre. La vie en résumé, quoi ! Plus la musique de Legrand. La vie enchantée alors. C’est pour moi le plus beau de tous les génériques, parce qu’il ne dit rien sur le film mais qu’il dit tout sur l’essence du film. Et puis récemment il y eut donc Max et les ferrailleurs . Et dire que j’avais oublié la présence de François Périer. Alors qu’il est au cœur du film, petit flic gris muraille qui fera tout basculer et qui basculera à son tour. Il est l’anti-Max par excellence. Ces deux-là font presque oublier Schneider presque trop belle, trop vivante, trop charnelle. Max le fou, c’est Piccoli, on le sait. Presque plus dingue que Volonte dans « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon », parce que plus banal, plus terne. Enfermé à double tour dans un petit imper noir trop étroit. C’est Tartuffe en flic. Glaçant. Et dire que pour certains imbéciles, Sautet, c’est encore et toujours le peintre de la bourgeoisie française des années 70 avec poutres au plafond (c’est Rochefort qui un jour a dit cela… la jalousie fait parfois dire des bêtises…). Revoir « Max » ou « Mado », entre autres, revient à se plonger dans une œuvre au noir, au noir absolu. Alors voilà, bientôt la rentrée, des nouveaux films à la pelle, donc des envies et des craintes à parts égales. Tant pis, je récidive : ah ! ça ira !

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