Jamel Debbouze ne rigole pas toujours… Ce matin, dans les colonnes du Parisien , il déclarait à propos de « Hors-la-loi » : "Oui, c’est un film utile comme le fut « Indigènes ». Ceux qui ont attaqué « Hors-la-loi » le regretteront un jour. » Totalement terrorisé et paniqué par les effrayantes menaces du comédien-procureur, j’ai failli effacer le post d’hier consacré au film de Bouchareb ! C’est que je tiens a la vie, moi ! Sérieusement, à quoi riment ces déclarations ? Pourquoi de telles tartarinades quand on sait qu’objectivement « Indigènes » le film précédent n’a pas vraiment été « utile » au sens où l’acteur-inquisiteur l’entend : la loi qui s’en est suivie a fait « pschitt », selon l’expression préférée de son initiateur de l’époque, Jacques Chirac. Soit une loi d’indemnisation en forme d’’aumône-alibi. Mais cela on ne le dit pas, on préfère rester dans le bruit médiatique de l’époque : « Indigènes » le film qui a lavé l'affront et changé la vie des Harkis, des « indigènes de la République »… Mais plus encore, regrettera-t-on vraiment un jour d’avoir porté sur ce film un nécessaire regard critique ? Peu suspects de sympathies post-colonialistes, les historiens Jean-Pierre Rioux et Benjamin Stora ont récemment exprimé de très vives réserves sur le contenu historique du film. De leurs critiques sévères, on peut conclure à une forme de faiblesse congénitale du film par rapport au nécessaire débat public sur cette période. Entre oublis gênants et raccourcis saisissants, « Hors-la-loi » s’avère un objet fondé sur le « sensationnalisme » (Stora) et « l’émotif » (Rioux), autrement dit un objet cinématographique très éloigné de la recherche de vérités historiques forcément complexes et plurielles. Un objet incapable de porter l’apaisement et favoriser l’analyse. Un objet trop englué dans ses certitudes. Non, décidément, Jamel, rien de rien, je ne regrette rien ! Et le regret n’est décidément pas le problème.

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