Pourquoi préférons-nous toujours les Scarlett aux Mélanie ? Ou, de manière générale, les chipies lunatiques aux épouses vertueuses ? La réponse avec Guillemette Odicino…

Vivien Leigh dans le rôle de Scarlett O'Hara dans "Gone With The Wind" (1939)
Vivien Leigh dans le rôle de Scarlett O'Hara dans "Gone With The Wind" (1939) © Sipa / RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Guillemette Odicino, chaque soir, dans "On s'fait des films", se propose de raconter le destin d'une grande actrice. Parmi elles, le portrait fascinant et émouvant qu'elle dresse de Vivien Leigh, l'actrice britannique immortalisée pour son interprétation de Scarlett O'Hara dans "Autant en emporte le vent" (Gone with the wind).

Guillemette parcourt la vie de l'actrice, de l'enfance à Darjeeling (alors protectorat anglais), son mariage passionnel avec Laurence Olivier, ses grands rôles, sa dépression, ses sautes d'humeur... Elle raconte comment sa beauté éblouissante lui a ouvert les portes d'Hollywood ; pourquoi Vivien se prénommait auparavant Vivian ; ses rapports houleux et intenses avec Laurence Olivier (qui se présentera de nombreuses disputes plus tard - comme "le mari de Scarlett") ; comment contre toute attente, l'actrice encore inconnue a obtenu le rôle de Scarlett - le rôle de sa vie.

A l'époque, en 1936, le roman de Margaret Mitchell est en train de devenir un best-seller aux USA. Le rôle de Scarlett O'Hara, l'héroïne du roman est donc LE rôle à obtenir pour toutes les actrices. Des milliers de jeunes femmes auditionnent pour le rôle. Inconnue, britannique... Vivien Leigh avait très peu de chances d'obtenir le rôle. Mais, elle a sa beauté, sa combativité, son audace pour elle... Elle se rend au tournage habillée comme elle imagine que Scarlett le soit. Et, en un bout d’essai, c’est fait !

Anecdote de tournage qui montre bien le caractère tempétueux de l'actrice : un soir, le réalisateur Victor Fleming lui reproche d’être lady dans son interprétation. Le lendemain, elle débarque sur le plateau le corsage déchiré et la poitrine à l'air, et demande :

C’est assez salope pour vous, ça ?

L'actrice n'a pas froid aux yeux... Et heureusement, car le film lutte ouvertement contre le code Hays, le code de censure à Hollywood, en parvenant à garder des scènes-clefs sacrément chaudes pour l’époque. Par exemple, la demande en mariage de Rhett Butler (Clark Gable) à Scarlett - ce qu'il fait tout en lui expliquant qu'elle est "faite pour l’amour”...

Sans oublier la réplique mythique de fin : "Frankly, my dear, I don't give a damn"... En bon français "Franchement, ma chère, je n'en ai rien à foutre"... En France a été traduit par “Franchement, ma chère, c’est le cadet de mes soucis”, ce qui est bien plus modéré !

Grâce à sa performance, Vivien Leigh remporte l'Oscar de la meilleure actrice  en 1940. 

En 1940, Laurence Olivier et Vivien Leigh se marient. Très vite, le couple bat de l'aile. Et la vie de Vivien, entre deux succès à l'écran, devient de plus en plus tragique, de plus en plus sombre... En 1952, lorsqu'elle gagne un second Oscar, pour son rôle dans Un Tramway nommé Désir, elle n'est pas assez en forme pour venir le chercher. En 1960, après de nombreuses crises, le couple divorce. Vivien Leigh se remarie à Jack Merivale. L'acteur est une ancienne doublure de Laurence Olivier ; le lit de Vivien Leigh est la réplique exacte de celui de Scarlett O'Hara ; sur son chevet est posée une photo de Laurence Olivier...

Ecoutez Guillemette Odicino raconter le destin tragique de cette grande actrice :