On pensait que les Jedis manipulaient des sabres laser mais non, tout faux : ce serait en fait des sabres plasma ! L'astrophysicien Roland Lehoucq s'intéresse à l'aspect scientifique des œuvres de science-fiction ; il approche ici, scientifiquement, le mystère des sabres laser…

David Prowse et Mark Hamill, alias Dark Vador et Luke Skywalker, dans la bataille de sabres finale de l'épisode 6 de la saga "Star Wars"
David Prowse et Mark Hamill, alias Dark Vador et Luke Skywalker, dans la bataille de sabres finale de l'épisode 6 de la saga "Star Wars" © Getty / Sunset Boulevard/Corbis

Dans l'émission scientifique La Tête au carré, Mathieu Vidard a reçu l'astrophysicien Roland Lehoucq. Le scientifique est le co-auteur, avec le paléontologue Jean-Sébastien Steyer, d'un livre fort intéressant : La science fait son cinéma. Ils y revisitent scientifiquement de grands films de science-fiction, comme Star Wars, Seul sur Mars ou Alien. En tout, une quinzaine d’œuvres sont abordées. 

Le cinéma n'est pas le support qui me plait le plus quand je m'intéresse à la science-fiction, mais c'est le plus intéressant pour parler et pratiquer les sciences parce que c'est le plus connu. Et c'est aussi visuellement très fort !

Parmi ces œuvres de science-fiction, le scientifique s'interroge notamment sur les sabres laser…

Les sabres lasers : de quoi sont-ils constitués exactement ?

Roland Lehoucq explique que le sabre laser, cette arme mythique inventée par George Lucas, n'est pas plausible scientifiquement, "ne serait-ce que pour une raison élémentaire : la lumière n'est pas matérielle et deux rayons lumineux peuvent se croiser sans se bloquer mutuellement". 

Mais évidemment, il n'arrête pas là sa réflexion. En bon scientifique, il déroule le fil des hypothèses possibles... Si les sabres lasers ne sont pas faits de lumière, est-ce qu'on peut imaginer un objet plausible assez proche ? Roger Leloucq offre quelques hypothèses... 

Hypothèse 1 : "Cet objet lumineux serait composé non de lumière mais de matière lumineuse, lumineuse parce qu'elle est chaude. On sait que les objets chauds rayonnent. Très bien : on obtient de la matière lumineuse." Pourquoi pas... mais tout de suite, un premier accroc vient dénoncer cette hypothèse : "Comme on confine cette matière chaude, le sabre fondrait". 

Hypothèse 2 : "On peut imaginer de la matière ionisée, un plasma. On aurait extrait les électrons des atomes pour les rendre chargés électriquement et on les aurait confinés dans un champ magnétique à la bonne forme". 

Le sabre laser du maître jedi Yoda
Le sabre laser du maître jedi Yoda © Getty / Mike Fanous

Combien de watts consomme un sabre laser ?

Dans les films, ces sabres réalisent de nombreuses actions, il y a notamment une scène où un jedi enfonce son sabre dans une porte métallique énorme et en fait fondre une bonne partie, probablement plusieurs tonnes. Et là une nouvelle question se forme : quelle est la puissance du sabre laser ? Combien de watts consomme-t-il ?

Car oui, il est possible de chiffrer cela scientifiquement.... et sans surprise, la réponse est extraordinairement élevée : "Un sabre laser, qui tient dans la main, produit autant qu'un cœur de centrale nucléaire : un milliard de watts ! Voilà l'ordre de grandeur. 

Ça semble quand même beaucoup pour un petit objet. Est-il possible de stocker autant d'énergie et de faire sortir autant de puissance d'un si petit volume ? Scientifiquement, estime Roland Lehoucq, "il y a de bonnes raisons pour dire que ça ne va pas être facile"... Sauf que le Jedi a accès à un réservoir d'énergie mystérieux : la force. "On peut imaginer que le Jedi y accède et l'injecte dans le sabre (on ne sait pas comment). Le sabre serait alors une machine qui transforme une forme d'énergie bizarre et mystérieuse, la force, en une autre, la lumière" (ou le plasma). Exactement de la même façon qu'un vélo est une machine qui transforme l'énergie musculaire humaine en une autre : le mouvement du vélo et de son passager.

Aller plus loin

🎧 Ecoutez l'entretien complet de Roland Lehoucq dans La Tête au carré.

📖 Le livre de Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer, La science fait son cinéma, est publié aux éditions Le Bélial.

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