Le Président -candidat (ou doit-on dire le Candidat-Président ?) ne prête décidément qu'aux riches : interrogé hier matin dans le 7/9 par Patrick Cohen sur les propositions fiscales de son challenger socialiste, Nicolas Sazrkozy a évoqué le "César de Jean Dujardin". Contrevérité factuelle que nul ne releva dans le studio, mais comment en vouloir aux journalistes présents : ils avaient déjà pas mal de correctifs à apporter aux autres propos "candidato-présidentiels" (sic)... Or donc, non décidément, Jean D. a bien raté le César vendredi dernier. C'est, Monsieur le Président-candidat, un certain Omar Sy, vu par 20 millions de vos concitoyens, qui l'a obtenu haut la main.

Jean Dujardin et son Golden Globe photo Allstar Maxppp
Jean Dujardin et son Golden Globe photo Allstar Maxppp © Radio France / Allstar Maxppp

Mais Jean Dujardin s'est ainsi retrouvé instrumentalisé par le candidat-président lequel assura que, parmi d'autres catégories si méritantes, les acteurs français ne voudraient plus travailler en France dès lors qu'ils seraient imposés à 75% au-delà d'un million d'euros de revenus annuels. Dur exil fiscal en vérité pour Jean Dujardin, d'autant plus dur que les langues étrangères n'étant pas sont fort, il risquerait de ramer pour décrocher des rôles. A moins que la mode de "The Artist" ne relance définitivement le cinéma muet... On fera en outre remarquer au candidat-chef de l'Etat que chacun s'accorde à reconnaître que les acteurs français, du moins les stars, perçoivent au cinéma des rémunérations proprement extravagantes. Alors, ma foi, un peu de justice sociale là-dedans, pourquoi pas...

Toute cette agitation autour d'une proposition ficale somme toute pas si méchante que ça intervient au moment où dans "De mémoires d'ouvriers" documentaire superbe et indispensable,qui est en salles depuis mercredi, on peut apprendre qu'actuellement on construit à Courchevel des chalets à 25 millions d'euros l'unité. Au moment également où l'on peut voir ou revoir en DVD le dernier film d'Alain Cavalier "Pater" avec Vincent Lindon dans le rôle d'un premier ministre dont le Président souhaite instaurer un salaire maximal histoire de mettre un peu de justice sociale dans ce monde de brutes.... Finalement, c'est bien que le cinéma refasse un peu de politique, vous ne trouvez pas ? Quant aux actrices et acteurs français qui ont la chance de naviguer à plus d'un million d'euros par an, on serait heureux de les voir signer un bel appel à la solidarité nationale. Et je ne parle pas des grands patrons et autres joueurs de foot aux rémunérations décidément indécentes. C'est au pied du mur... de l'argent qu'on reconnait le progressiste, non ?

P.S. du lendemain : on apprend que l'écrivain Emmanuel Carrère, également cité en exemple par le candidat-présent, trouve légitime de payer un impôt élevé, avec ou sans million d'euros annuels d'ailleurs comme il le précise. Merci, Emmanuel ! A qui le tour ?

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