C'est la nouvelle série TV d'horreur française sur Netflix. Après "Lazy Company", Samuel Bodin présente "Marianne" dans laquelle Emma, une jeune romancière, se retrouve en proie avec son personnage horrifique tout droit sorti de son livre, qui la contraint à poursuivre l'écriture de ses récits. On regarde… ou pas ?

"Marianne"
"Marianne" © © Emmanuel Guimier / Netflix

Emma est une jeune écrivaine, que l'on dira un peu cynique et autocrate. Ses romans d'horreur se sont vendus à des millions d'exemplaires, et elle a décidé d'interrompre sa série… Sauf que son personnage ne l'entend pas de cette oreille et fait tout pour la pousser à écrire de nouveau, quitte à ravir les proches de la jeune Emma. 

Dans le premier épisode, ce personnage lui dit dans une espèce de leitmotiv "Écris Emma, écris !" : on reconnaît là Stephen King - dont tous les romans, ou à peu près, sont cités au cours des huit épisodes de Marianne

Voici ce qu'en disent les critiques de Une Heure en Séries autour de Xavier Leherpeur...

Benoît Lagane a aimé, au point de se cacher sous sa couette !

Benoît Lagane : "C'est une série produite par Empreinte Digitale, une société de production assez intéressante qui, en France, a produit par exemple, Missions, Les Grands, Trauma bientôt, Lazy company qui jouait déjà avec ces concepts de genre. 

J'ai beaucoup aimé ce jeu de citations, c'est plaisant, ça part dans plein de directions. Au départ, on ne sait pas trop où on va, c'est intriguant dans la structure, on a quand même envie d'avancer jusqu'au cinquième épisode, assez touchant, où là, on comprend les enjeux autour des personnages, qui est un retour dans l'adolescence du personnage principal. J'ai plutôt apprécié. 

Je suis allé jusqu’au bout et, de temps en temps, je me cachais sous ma couette !

Au début, on pousse le personnage central dans une caricature d'elle-même et, au fil des épisodes, elle évolue et devient de plus en plus touchante, son personnage se remplit petit à petit et sort du stéréotype dans lequel elle se trouve depuis le début de la série."

"Marianne" - Saison 1 sur Netflix
"Marianne" - Saison 1 sur Netflix / © FR_tmdb

Pour Ava Cahen, "c'est ce que Netflix a fait de pire depuis la série Marseille"

Ava Cahen : "On a envie d'encourager la création de séries de genre, surtout là, avec cette campagne publicitaire et médiatique, les citations, les références, Stephen King, Conjuring etc... etc... qui ont suivi la promotion du film. 

On se dit que ça devrait être à la hauteur et bien... pas du tout ! 

C'est ce que Netflix a fait de pire depuis Marseille. C'est très gênant en termes d'écriture, c'est très maladroit : les dialogues sont au rabais, il y a un problème avec ce personnage féminin qui est une parodie de Lisbeth Salander dans Millénium : son physique, la coupe de cheveux, cette espèce d'énergie un petit peu butch

Je suis très embarrassée car c'est censé faire peur, mais à quel moment ? Il y a certes une fulgurance à la séquence d'ouverture où on voit cette vieille dame, cette Marianne, s'arracher une dent, ce qui est un petit peu pétrifiant avec du sang partout. On se dit que c'est un peu prometteur mais ce ne sont que des jumpscare qui ne fonctionnent pas, des portes qui s'ouvrent et qui se claquent, qu'on a vues 150 000 fois et puis, surtout, on nous remonte tout le temps les mêmes séquences... On ne fait pas du tout confiance à l'intelligence du spectateur, j'ai vraiment l'impression de voir l'équivalent d'un sitcom pas très bon". 

"Marianne" - Saison 1 sur Netflix. Victoire Du Bois
"Marianne" - Saison 1 sur Netflix. Victoire Du Bois / © Emmanuel Guimier / Netflix

Ariane Allard s'est accrochée mais n'a pas réussi... du fait qu'il y ait aussi trop de stéréotypes

Ariane Allard : "Par rapport aux citations, cela fait partie de la jubilation éventuelle du spectateur que de les reconnaître, de les anticiper et de les savourer. Je trouve que cela ne marche pas très bien. 

Ils essaient d’introduire un peu d'humour mais ça ne marche que moyennement. Dans l'ensemble, ils font ce qu'ils peuvent - notamment l'actrice qui joue Marianne, cette sorcière monstrueuse, que je trouve formidable et qui n'est autre que Mireille Herbstmeyer. 

Je me suis accrochée mais je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout, même si j'aurais aimé...

J'ai aimé l'idée de départ, du personnage qui veut rattraper son auteur et qui veut l'interroger sur sa création littéraire, c'est plutôt pas mal, ça peut être une dynamique assez intéressante. 

Là, ils n'en font pas grand chose. Cela aurait été le moyen de créer des personnages féminins qui, pour une fois, ne rentrent dans aucun des stéréotypes habituels du genre. Là on a des sorcières, une fille, cet écrivain, une femme puissante, un écrivain à succès qui est absolument insupportable, désagréable, autocentrée, alcoolique... Tout ce qui est rattaché à elle est négatif. Quand elle revient dans son petit village où s'est déroulé le drame originel, elle passe son temps à demander pardon, ce qui n'est absolument pas cohérent avec l'écriture du personnage. 

Quant à la sorcière, je pense qu'elle accumule tous les stéréotypes du genre alors que cela fait quelques années que l'on sait que la sorcière, c'est autre chose que cela, et qu'on aurait pu en faire quelque chose d'autre. Je ne comprends pas comment de jeunes auteurs qui, dans leur scénario, posent des questions par rapport à la création littéraire, ne se sont pas appuyés sur cela pour interroger les personnages et en faire quelque chose de surprenant ! Ce ne sont que des stéréotypes très négatifs : les femmes s'appellent soit "pute", soit "salope" soit "poison" mais, à un moment donné, ces appellations ne sont pas anodines..."

"Marianne" - Saison 1 sur Netflix
"Marianne" - Saison 1 sur Netflix / Emmanuel Guimier / Netflix

La série

Sur Netflix depuis le 13 septembre 2019

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de la série film sur le plateau de Une Heure en Séries :

8 min

"Marianne", sur Netflix : les critiques de "Une heure en séries"

Chaque samedi, à 20h, retrouvez les critiques de Une Heure en Séries, réunis autour de Xavier Leherpeur, pour parler séries.

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