Freddie Highmore est de retour sur TF1 dans le rôle du jeune docteur autiste Shaun Murphy. Une série télévisée un peu à la croisée de "Monk", ce détective bourré de tocs, "Sherlock" dans ces graphiques abscons surimprimés à l'écran et "Dr House"… Qu'en ont pensé les critiques d' "Une heure en série" ?

Freddie Highmore dans "The Good Doctor"
Freddie Highmore dans "The Good Doctor" © ABC/Jack Rowand

C'est un énorme carton sur TF1. Aux États-Unis ce sont plus de 10 millions de spectateurs et 6 millions en France

Freddie Highmore est de retour sur TF1 dans le rôle du jeune docteur autiste Shaun Murphy, doté d'une intelligence et d'une personnalité saisissantes. Il intègre en tant qu'interne un service dans le prestigieux San Bonaventure Hospital de San José où il est soutenu par le docteur Aaron Glassman, son mentor depuis l'âge de quatorze ans. 

La série est écrite par David Shore (Doctor House) et produite par Daniel Dae Kim (Lost Hawaï Five 0), adaptée d’une série sud-coréenne du même nom. 

Pourquoi tant de séries médicales font un carton (alors qu'elles semblent se ressembler toutes) ?

Benoît Lagane : "Les séries médicales condensent tout : l'attention qu'on peut avoir dans un polar, l'émotion que l'on peut avoir dans une série familiale, le rapport à la vie / à la mort... Et toutes ces séries interpellent même si on est hypocondriaque, parce qu'on y voit des médecins, 

J'adore The Good Doctor car c'est une série, au-delà de ce qu'on peut en dire sur le plan visuel, qui nous raconte la communication en milieu hospitalier. Quand on va à l'hôpital, on sait ce que c'est de parler à un médecin, on a envie d'avoir des médecins brillants comme ce personnage, qui sachent nous parler et c'est tout ce que pose cette série, de façon brillante !"

L'autisme à la mode dans la série TV... Est-ce pour autant fidèle et respectueux par rapport à la pathologie ?

Marjolaine Boutet : "On est toujours dans la question de la représentation de la différence à la télévision américaine et elle fait cela très bien. Il y a eu celle des femmes de pouvoir, des personnes de couleur, les femmes noires et les personnages asiatiques… maintenant il y a le handicap. 

Le handicap à la mode à Hollywood et dans les séries TV, c'est l'autisme version Asperger dont la représentation la plus connue est Sheldon Cooper dans "The Big Bang Theory" ; il y a aussi "Atypical" sur Netflix où là encore le jeune garçon autiste est interprété par un acteur parfaitement valide. 

La particularité de tous ces personnages est qu'ils sont tous blancs, hétérosexuels, minces… et plutôt jolis garçons. Leur seule différence, c'est l'autisme, comme-ci leur seul handicap dans la vie c'était cela ! C'est ça, le problème de la représentation. Or le handicap peut toucher tout le monde dans toutes les situations et ce n'est pas parce qu'on a qu'un autisme qu'on en n'a pas d'autres. 

Freddie Highmore encadré ici par Hill Harper et Will Yun Lee
Freddie Highmore encadré ici par Hill Harper et Will Yun Lee / ABC/Jeff Weddell

À la fois, on cherche à éduquer le public à cette situation de l'autisme et en même temps on met en scène un autisme très particulier, très présentable, dans la mesure où on montre un personnage considéré comme universel avec lequel on se sent en empathie. Tout cela est du "White Washing"

Moi, ce que j'attends, c'est une série où il y a plusieurs autistes.

Par exemple, il y a des séries où il y a plusieurs personnages en situation de handicap joués par des acteurs qui ont réellement ce handicap : 

  • Switched at Birth diffusée sur 6Ter où la moitié du casting est sourd et communique en langue des signes ; 
  • Vestiaires sur France 2, très importante elle-aussi 
  • Speechless où la famille est pauvre avec un enfant qui est réellement en situation de handicap et se démène comme elle peut". 

Est-ce une bonne série ou un produit prévisible & manufacturé ?

Ariane Allard : "C'est essentiellement une série optimiste, ce qui n'est pas forcément le cas de toutes les séries médicales. C'est un personnage sans filtre, qui pense tout ce qu'il dit. Le titre est clair : c'est le bon médecin qui veut bien faire les choses, mais c'est aussi quelqu'un de bon. 

Je trouve que c'est un petit peu ennuyeux sur le fond, et carrément soporifique sur la forme

Il y a un peu près quatre lieux qui sont filmés, des plans fixes et interminables. Ce sont essentiellement des dialogues (c'est très bavard !) et les gens sont essentiellement assis - ou debout autour de la table principale.

La série est complètement centrée sur son personnage central et les personnages secondaires sont totalement inexistants : les comédiens se ressemblent tous. Les garçons sont essentiellement musclés avec le menton carré, les filles sortent du pressing... C'est quand même assez pauvre. Bien sûr qu'on est fasciné par ce personnage, qui en plus n'est pas filmé comme les autres mais dans une lumière particulière... Je trouve qu'il y a quelque chose d'un peu bizarre et ambigu autour de lui".

La série

► Dès le 11 septembre 2019 sur TF1

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de la série film sur le plateau de Une heure en séries :

7 min

The good doctor (saison 2) : les critiques de "Une heure en séries"

Chaque samedi à 20h, retrouvez les critiques de Une heure en séries, réunis autour de Xavier Leherpeur, pour parler séries. 

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