Un premier film et en plus sélectionné à Cannes pour « Un certain regard », donc en compétition pour la Caméra d’Or. De quoi avoir peur pour son réalisateur au moins. Est-ce le cas de Fabrice Gobert, 36 ans, présent avec son film « SIMON WERNER A DISPARU » ? On imagine aisément que oui. Et l’on se dit alors que mieux vaudrait faire silence, dès lors que le film n’a trouvé en vous aucun écho.

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S.W © Radio France / Fabrice Gobert

Mais ce silence serait-il autre chose qu’une sorte de lâcheté critique, une prime imbécile donnée en gage à l’indéniable difficulté du premier film ? Alors mieux vaut parler de ce film qui tente de raconter étrangement une étrange histoire d’étranges disparitions dans un lycée normal d’une banlieue (chic) normale et qui touche des lycéens normaux… Film de genres qui n’en choisit jamais un et finit donc par se perdre. Film d’influences mal digérées (comme « un éléphant » dans les Yvelines chassé par David Lynch, etc…). Film de jeunes acteurs rendus trop lisses par des personnages caricaturaux. Film d’intentions mal définies où l’on perçoit très mal la présence d’un auteur, d’une personnalité. Film écrit seul alors qu’il aurait manifestement fallu faire des étincelles en se frottant à un autre univers au moins. Film sage, si sage là d’où on imaginait que jailliraient des malaises, des failles et des fractures. Mais comment s’intéresser à ces fils de bourgeois ordinaires, fils de trois fois rien, quand même le cinéma ne vient pas à la rescousse pour sublimer leurs petites vies ? Cette exposition cannoise n’est-elle pas alors un cadeau empoisonné ?...

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