Ken Loach poursuit sa cartographie de la classe ouvrière britannique, condamnée à la misère par des politiques libérales donnant toute licence à des employeurs peu scrupuleux.

Sorry we missed you
Sorry we missed you © Joss Barratt

Basé sur une enquête rigoureuse, le scénario de Sorry we missed you écrit par Paul Laverty réalisé par Ken Loach, nous plonge dans les difficultés économiques des classes populaires de la Grande-Bretagne de l’après 2008…

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Sorry we missed you
Sorry we missed you / Joss Barratt

Depuis la fin des années soixante, Ken Loach porte un regard acéré sur la société anglaise et ses évolutions. 

Dans le film, Abby fait remonter les difficultés du couple à la crise de 2008, et notamment à la faillite de la banque Northern Rock. Cette banque, basée à Newcastle, a mené au cours des années 2000 une politique risquée : accordant aux particuliers des prêts immobiliers à des conditions assez souples, elle se finançait en grande partie par des montages financiers. 

Abby fait partie des nombreux travailleurs britanniques à travailler pour un « contrat zéro heure ». 

Sa caractéristique principale est qu’il ne comporte aucune indication d’horaires ou de durée minimum de travail. Le salarié est rémunéré uniquement pour les heures travaillées (qui n’incluent pas les temps de déplacement), il doit pouvoir se rendre disponible à n’importe quel moment de la journée. Plébiscités par les patrons pour leur flexibilité maximale, les contrats zéro heure sont très précarisant pour les employés

Sorry we missed you
Sorry we missed you / Joss Barratt

Le réalisateur doublement palmé (Le Vent se lève, 2006 et Moi, Daniel Blake, 2017) nous parle de son dernier film, Sorry we missed you :

La classe moyenne parle d’équilibre travail-vie privée quand la classe ouvrière est acculée à la nécessité… La technologie est nouvelle, mais l’exploitation est vieille comme le monde… Les gens dans la situation de Ricky doivent s’exploiter eux-mêmes, pas besoin d’un contre­maître qui fasse claquer le fouet… Est-il viable de faire nos courses par l’intermédiaire d’un homme dans une camionnette, qui se tue à la tâche quatorze heures par jour ?

Entretien extrait du dossier de presse du film Sorry we missed you © Le Pacte

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Sorry we missed you / Sixteen Films
Sorry we missed you
Sorry we missed you / Joss Barratt
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Sorry we missed you / Joss Barratt
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