Le retour en 3D à une vitesse "supra-luminique" de Star Trek, avec "Star Trek sans limites" par Justin Lin, réalisateur de Fast and furious.

Star Trek Sans limites, Zachary Quinto
Star Trek Sans limites, Zachary Quinto © 2016 Paramount Pictures

*C’est le treizième de la série, le troisième de la nouvelle saga qui célèbre ses 50 ans en fanfare et avec beaucoup d’argent. Dans ce nouvel opus, on franchit une ceinture d’astéroïdes, on est attaqué par de méchantes abeilles d’acier et des extra-terrestres… 
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Star Trek Sans limites, affiche
Star Trek Sans limites, affiche © Paramount Pictures 2016

Danièle Heymann, Michel Ciment, Xavier Leherpeur, Jean-Marc Lalanne et Jérôme Garcin reviennent sur le film.

Danièle Heymann : intersidéralement parlant, la nébuleuse, c’est formidable

La civilisation Star Trek n’est pas complètement parvenue jusqu’à moi, ce n’est pas ma culture, mais j’ai pris un plaisir énorme à regarder Star Trek ! Intersidéralement parlant, la nébuleuse, c’est formidable, et avec des sentiments humains tellement essentiels et basiques : « la paix, c’est mieux que la guerre », « l’amour, c’est mieux que la haine », « l’amitié est plus forte que tout », « il faut faire confiance à ceux à qui on fait confiance » avec une débauche inouïe de moyens…

Michel Ciment l’interrompt : qu’est-ce que tu as pris avant la projection ?

Peut-être que pour les habitués de Star Trek, c’est moins bien, mais moi j’ai trouvé ça très bien.

Michel Ciment :  j’ai trouvé le film interminable

Moi non plus je ne suis pas de culture Star Trek, mais j’ai trouvé le film interminable. Les dialogues sont creux, les décors ne sont pas du tout spectaculaires, ça ressemble à des séries B américaines à la testostérone en noir et blanc des années 30 faites par des petites compagnies, c’est exactement le modèle de Star Trek. Ça marchait en double programme dans les petites salles aux États-Unis. C’est aujourd’hui traité avec un luxe d’argent, mais c’est d’un creux et d’un inintérêt total.

Xavier Leherpeur : c’est un film qui rue dans les brancards

J’ai dû prendre la même chose que Danièle Heymann. J’ai beaucoup aimé le film. La morale ne m’a pas dérangé. Je trouve au film une élégance de mise en scène. Et puis le méchant, est l’un des méchants les plus intéressants, les plus tristes, les plus complexes qu’on ait vu depuis longtemps. Il est interprété par Idriss Elba qui n’est peut-être pas le grand plus acteur de tous les temps, mais qui est bien situé dans mon top ten. Il est méconnaissable, mais c’est un personnage complexe. La fin est bouleversante. La scène avec les abeilles est très impressionnante. Il a repris le mouvement circulaire de volutes qui fonctionne bien. On est très proche de ce qu’était la saga Star Trek, la question du positionnement humain dans l’espace, sur les conséquences de nos actes. On découvre que l'un des personnages principaux vit avec un homme et qu’ils élèvent tous les deux une petite fille, on retombe ainsi sur ce que Star Trek était au début. En effet, la série a été la première à montrer à la télévision un baiser entre une femme noire et un homme blanc, ce qui avait suscité un gros scandale à l’époque. C’est un film qui rue dans les brancards, c’est même un film marxiste. Et ils sont tous très beaux à regarder !

Jean-Marc Lalanne : c’est un peu bourrin, au ras des pâquerettes et moche, visuellement moche

C’est vrai que c’est une série progressiste et que ce film-là l’est. Après, J.J Abrams me manque beaucoup. Il a réalisé les deux premiers. Il a une touche unique. Il réussit à rendre la présence de chaque chose. Ce réalisateur a un rapport à la lumière au scintillement. Tout ressemble à une comédie musicale dans les films de J.J Abrams, mais là, il est indisponible pour cause de tournage de Star Wars. Donc c’est le metteur en scène de Fast and Furious qui prend sa suite. Et on revient à quelque chose d’un peu bourrin, avec de la castagne, un peu au ras des pâquerettes et un peu moche visuellement. Il n’y a pas du tout la poésie enchanteresse de J.J Abrams. Et même s’il se laisse regarder, il m’a frustré.

Écoutez l’extrait du Masque et la plume du 21 août :

►►► Écoutez l’émission Le Masque et la plume

La bande annonce :

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