Quarante-deux ans après la sortie du premier épisode de la mythique saga Star Wars conçue par George Lucas, le réalisateur J.J. Abrams apporte un point final à l'histoire de la dynastie Skywalker. Un épisode réussi, mais cela suffit-il à faire un grand final ?

Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker
Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker © .

Comment écrire sur un film aussi attendu et plein de suspense qu'un nouveau Star Wars ? Parler du film sans le spoiler ("divulgâcher") est une épreuve du combattant. Dès les premières minutes du film, le réalisateur J.J. Abrams apporte des réponses aux questions et aux théories qui animent les fans depuis que les premières images de cet épisode ont été révélées. 

Disons-le tout de suite : si vous attendez de tout savoir sur le film ici, vous allez être déçu, ou déçue. Dans cette critique, on ne peut rien vous en dire. La vitesse de croisière du film est fulgurante, avec un rebondissement ou une révélation tous les quarts d'heure, et deux retournements d'intrigue de taille, qui modifient le cours de ce neuvième – et ultime épisode.

Fidèle aux codes et progressiste à la fois

Que peut-on dire ? Que l'on retrouve l'héroïne de cette troisième trilogie, Ray (Daisy Ridley), ses compagnons de voyage Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega) et Chewbacca (Joonas Suotamo) ainsi que les droïdes C3PO, R2D2 et BB8. Qu'Adam Driver est toujours Ben Solo, alias Kylo Ren, grand méchant de cette trilogie, qui règne en "Supreme Leader" après avoir tué son mentor, Snoke, dans le film précédent. Et qu'une nouvelle fois, la Résistance va devoir affronter les forces du mal et le fameux côté obscur de la Force. 

Cette Ascension de Skywalker obéit aux codes de la saga : les combats spatiaux succèdent aux séquences d'infiltration et d'aventure sur des planètes encore inconnues, l'humour des droïdes alterne avec la gravité des affrontements entre Jedi et Sith, la Force entre eux. Une fois encore, ce film place des femmes au cœur de l'intrigue, au premier rang desquels Rey, qui petit à petit, s'est affirmée comme véritable leader d'équipe. Star Wars est-il la licence la plus progressiste de Disney ? C'est fort possible : là où tout le monde attendait cette année de voir la Reine des Neiges tomber amoureuse d'une autre femme, c'est dans ce film que l'on voit, pour la première fois à l'écran dans un film de ces studios américains, un baiser entre deux femmes. Furtif, mais assumé.  

Visuellement époustouflant

Visuellement, ce nouvel épisode place encore la barre un peu plus haut que les précédents : si l'on est habitué aux prouesses graphiques que représentent les combats de sabres laser et les créatures fantastiques des confins de l'univers, ce sont cette fois des décors qui ont de quoi impressionner les spectateurs. Les ruines en pleine mer d'un vaisseau spatial, l'un des terrains de jeu du film, sont épatantes, tant visuellement qu'émotionnellement – mais encore une fois, impossible d'en dire plus. Egalement impressionnants, les nouveaux gadgets des stormtroopers - les soldats du mauvais côté - et les nouveaux costumes rouges de certains d'entre eux.

L'équilibre entre la puissance visuelle et la force émotionnelle se retrouve dans le dénouement de cet épisode, affrontement à grand spectacle qui réunit (presque) tous les protagonistes de cette troisième trilogie en un même lieu, à la façon du combat qui a mis fin à la saga Avengers plus tôt dans l'année… sans en atteindre le côté "ultime". 

Un exercice périlleux

C'est là que l'on peut avoir un avis plus mesurée sur ce film : il présente la triple caractéristique d'être un long-métrage à part entière, mais aussi la fin d'une trilogie et celle d'une saga toute entière, entamée en 1977. Star Wars : l'ascension de Skywalker réussit-il sur ces trois terrains ? Pas sûr. Clore une saga si mythique est un exercice difficile – et les créateurs de la série Game of Thrones en ont fait eux aussi l'expérience en 2019.

Une chose est sûre : tout le monde ne sera pas d'accord sur la qualité du final de Star Wars, de la même manière que le public avait été divisé par l'épisode 8 de la saga, le précédent sorti en salle, Les derniers Jedi. Et peut-être même au-delà, les spectateurs qui n'avaient pas aimé le précédent opus devraient être plus satisfaits de celui-ci, et vice-versa. 

Un grand final non pour la trilogie, mais pour la saga ? 

S'il réussit parfaitement dans son rôle de divertissement grand public, ce nouvel épisode peine à satisfaire en tant que final de cette nouvelle trilogie : il balaie notamment certains éléments bâtis par Rian Johnson dans l'épisode 8 pour partir dans d'autres directions. On regrette presque que trop de nouveaux personnages ou de nouvelles intrigues apparaissent dans ce dernier film, empêchant J.J. Abrams de  boucler correctement le triptyque qui s'achève.

En revanche, en tant que final de l'ensemble de la saga, L'Ascension de Skywalker fait ses preuves. Le film convoque l'imaginaire de la trilogie originale et de la "prélogie" pour bâtir de réels arcs narratifs qui commencent, pour certains, dans le tout premier épisode et se terminent aujourd'hui. L'air de rien, par des répliques, de simples plans, il boucle des hypothèses, des questions, ouvertes il y a plus de quarante ans. Et en ce sens, marque réellement le point final de la dynastie Skywalker. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.