Tale of tales
Tale of tales © Le Pacte / Greta De Lazzaris

Pour les critiques du Masque et la plume , aucun doute sur le film fantastique Tale of Tales de Matteo Garrone, avec Salma Hayek et Vincent Cassel : le film est raté. Pourtant, le réalisateur italien Matteo Garonne avait séduit avec ses précédents films, notamment Gomorra(2008) et Reality(2012). Découvrez ce qui est repproché au film...

Dans Tale of Tales, Le Conte des contes, trois royaumes voisins s’entremêlent. Dans l’un règne un roi libertin, interprété par Vincent Cassel . Dans l’autre, une reine (Salma Hayek ) est obsédée par son désir d’enfant. Et dans le troisième, le roi est capturé par un étrange animal. Ce film, présenté au festival de Cannes 2015, est une (libre) adaptation des célèbres contes de Giambattista Basile , un écrivain et poète italien du début du XVIIème siècle.

►►►RÉÉCOUTEZ | La critique de Tale of tales

"On a l'impression d'être enfermé toute la nuit dans un musée Grévin "

Tale of tales - Vincent Cassel
Tale of tales - Vincent Cassel © Concorde Filmverleih GmbH (2015)

Dès l’amorce, Jérome Garcin donne le ton :

On y retrouve des fées, des sorciers, des jumeaux albinos, des animaux étranges et j’en oublie. C’est à la fois kitsch, rococo, pâtissier. Parfois drôle d’ailleurs, à force d’excès. Sauf que ça dure deux heures.

Xavier Leherpeur (Ciné Live) : "Après les dix premières minutes, c’est atroce, c’est dégoulinant de vulgarité, de mauvais goût, de mauvaises bonnes idées. Il mélange trois récits, mais l’on voudrait qu’il ait envie de les mélanger, de les éclairer mutuellement. Mais pas du tout, c’est monté de façon aléatoire. "

J’ai l’impression de voir pendant deux heures un clip de Mylène Farmer totalement raté. J’attendais qu’elle vienne chanter "je suis libertine" ou "je suis libertin" pour Vincent Cassel.

Eric Neuhoff (Figaro) : "C’est une belle enflure ce film. Ça se veut plein de beauté, mais c’est gonflé comme une grosse pâte à crêpe […] Ca écœure. Il y a beaucoup de moyens, mais ça se voit sans arrêt. C’est un film qui se regarde le nombril ou le coffre-fort en permanence […] On a l’impression d’être dans un musée Grévin enfermé toute la nuit …"

Il y a l’improbable Vincent Cassel déguisé en Francis Lalanne.

Danièle Heymann (Marianne) : "C’est un énorme gâteau dégoulinant. C’est extraordinairement laid. C’est étonnant puisque c’est fait pour être beau, les costumes sont d’une somptuosité... Et Salma Hayek, elle est soucieuse. Elle est très soucieuse. Elle ne peut pas avoir d’enfant. Donc elle a du souci. Donc elle fait la gueule. Mais elle ne changera pas d’expression pendant tout le film."

Vincent Cassel m’a fait penser à sa prestation dans Sa Majesté Minor , un film que probablement personne n’a vu… Il y a une grande parenté. On en sort accablé.

Jean-Marc Lalanne (Inrockuptibles) : "C’est vraiment un cinéaste qui avait un certain talent pour être branché sur le monde contemporain. Et là, c’est vraiment un plantage monumental. Il s’essaie à des choses qu’il ne sait pas faire du tout. Ce film est une somme de mauvais choix. Ça aurait pu être un film à sketchs comme le cinéma italien des années 1960, en mettant de petits bouts d’histoires entrelacées, mais ça donne quelque chose de très fastidieux. Ce n’est vraiment pas une bonne idée. Et en plus il n’y a pas une lecture contemporaine de ces contes. Il y a une morale assez désagréable. "

Je trouve le film très boursouflé, c’est le plantage d’un cinéaste très prometteur.

►►► RÉÉCOUTEZ | L'intégralité du Masque et la plume avec la critique des films suivants :

  • Tale of Tales, de Matteo Garrone
  • Un moment d’égarement, de Jean-François Richet
  • Une famille à louer, de Jean-Pierre Améris
  • Une mère , de Christine Carrière
  • L’Année prochaine, de Vania Leturq
  • Love & Mercy, de Bill Pohlad.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.