Honte à moi : jusqu’à aujourd’hui 13 heures, je ne connaissais pas le roman graphique de Posy Simmonds intitulé « TAMARA DREWE », (si quelqu’un pouvait me crier « Moi non plus, moi non plus », cela me ferait un bien fou…), soit le nom également du nouveau film de Stephen Frears présenté hors compétition. Après le film de Mike Leigh, il s’agit de la seconde contribution britannique à ce Festival 2010 et avant la découverte du nouveau Ken Loach inclus dans la compétition officielle au dernier moment. Y aurait-il une dimension climatique dans le cinéma anglais ? Vivaldi aurait-il à ce point influencé les scénaristes britanniques qui ont à cœur manifestement de prendre « les 4 saisons » comme l’alpha et l’oméga de toute construction dramaturgique, ce qui est tout la fois très audacieux, très original, très novateur et en définitive totalement ringard et insignifiant au possible. On a, me direz vous, les règles que l’on mérite : aux difficiles trois unités de la tragédie classique, le cinéma de Sa Majesté répond par la règle fastoche des 4 saisons et des 4 incrustations au fil de l’histoire : été, printemps, automne, hiver. Ca ne coûte pas grand-chose, ça permet de montrer que le temps passe, ça donne l’effet d’un scénario très travaillé et sachez qu’en général c’est en hiver que la mort arrive, preuve ultime de la profondeur abyssale de ce cette construction. Donc Mike Leigh hier et maintenant Stephen Frears ont choisi ce courageux découpage temporel pour leur nouveau film. Je fais le pari que Ken Loach se montrera plus subtil…

Gemma Arterton
Gemma Arterton © Radio France

Vous savez, Stephen Frears, c’est le talentueux réalisateur qui a fait, notamment, « MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE » en 1985, « SAMMY AND ROSIE » et « PRICK UP YOU EARS » en 1987, « LES LIAISONS DANGEREUSES » en 1988, « THE VAN » en 1996, et pour aller vite dans sa belle carrière « THE QUEEN » en 2006. Chaque artiste a évidemment le droit de travailler en mode mineur de temps en temps. C’est même peut-être la marque invisible et inconstante de cette édition 2010 : Im Sangsoo, Stone, Tavernier, Kitano, Inarritu et quelques autres nous sont apparus en mode mineur (mais pas Assayas, pas De Oliveira, pas Amalric, pas Scott, pas Jia Zhangke, pas Haroun,…). Certes, on trouvera dans la première partie du film quelques occasions de sourire de ces caricatures de petits intellos campagnards anglais, mais quel manque de rythme et de souffle et d’originalité au bout d’un rapide moment ! Tout devient alors incroyablement répétitif. Tiens, c’est bien le problème des saisons d’ailleurs, c’est qu’invariablement elles reviennent et c’est cette morne répétition du temps que le cinéma peut parfois nous aider à dépasser. Parfois, mais pas toujours manifestement…

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