"The Guilty" est le premier long métrage de Gustav Möller, réalisateur dannois d'à peine 30 ans. Il propose un thriller à huis clos dans un centre d’appel de la police froid et intriguant lors de l'enlèvement d'une femme. Qu'en ont pensé les critiques du "Masque & la Plume" ?

"The Guilty", un huis clos dannois sorti dans les salles le 18 juillet 2018 en France
"The Guilty", un huis clos dannois sorti dans les salles le 18 juillet 2018 en France © AFP / Nordisk film / SPRING / Collection ChristopheL

Jérôme Garcin : "Rien à voir, tout à entendre"

L'agent Asger Holm (joué par Jakob Cedergren) prend l’appel d’une femme qui vient d’être enlevée, est enfermée dans une voiture, demande de l'aide et avec qui la communication est brutalement coupée. La vie d'une femme se joue, et dans l'horreur...  Sans qu’on ne quitte jamais le centre, Asger va devoir gérer cette affaire compliquée. Et nous, la comprendre, l’imaginer uniquement à partir des appels téléphoniques d’Asger. 

Rien à voir, tout à entendre, et cela pendant 1h25. L’idée, excellente, est aussi un pied-de-nez au cinéma et à l’époque du tout-image...

Xavier Leherpeur : "On est pris mais au moment où on reconstitue le puzzle, on se dit que c’est un peu artificiel"

C'est un film de procédé plutôt prenant et malin mais qui s’oublie vraiment vite dès qu’on a quitté la salle... C’est-à-dire qu’une fois qu’on a compris qu’on ne quitterait pas le lieu où se passe cette conversation téléphonique, une fois qu’on a été très attentif au dialogue et qu’on a levé la résolution avant tout le monde. 

Des films ou l'on est menacé au téléphone, il y en a eu quand même à la pelle non ? Burried avec Ryan Gosling, et aussi Barbara Stanwick dans un vieux film des années 1930, menacée par un type qui voulait la tuer. 

On est pris mais au moment où on reconstitue le puzzle en sortant de la salle, on se dit que c’est un peu artificiel.

Michel Ciment : "Gustav Möller est un réalisateur très prometteur !"

J’ai trouvé ce film très étonnant : je n'aime pas trop les films à dispositif mais j'ai trouvé celui-ci totalement réussi. Le metteur en scène du film a dit : "Les images les plus fortes d’un film sont celles que l’on ne voit pas". Je trouve que ce film le prouve ! 

Ce commissaire qui n’est pas intéressé par tout ce qui passe, il reçoit des appels de toute la ville avec les accidents, les meurtres... Il ne s'intéresse plus du tout aux victimes. Mais avec cette femme tout change, il est stimulé avec cette découverte ! 

C'est un film sur une bande son absolument formidable avec un acteur (un seul), un décor (un seul) et on ne s'ennuie pas, c'est un film très étonnant...

Michel Ciment : "Ce film saisit le spectateur et travaille sur l’imagination constamment."
Michel Ciment : "Ce film saisit le spectateur et travaille sur l’imagination constamment." © AFP / Nordisk film / SPRING / Collection ChristopheL

Nicolas Schaller : "C’est un film sur les préjugés et la subjectivité des spectateurs"

Il y a, pour être honnête, des petits moments dans le deuxième tiers du film où je trouve que ça manque un peu de "peps"… Et en même temps dans la dernière la partie, on comprend que le film est sur le rachat de quelqu’un, sur la culpabilité de cette personne et là tout se forme. On comprend enfin que la vie ne tient alors qu'à un coup de fil.

C'est le premier film qu'on peut regarder, en grande partie, en fermant les yeux !

Charlotte Lipinska : "J'étais enfermée avec lui..."

Le film est quasiment en temps réel. Même s’il ne pose pas toujours les bonnes questions pour résoudre l’enquête, le héros pose les questions que se posent les spectateurs. Moi j’étais en empathie totale avec lui. Même si le héros est très froid et parfois à côté de la plaque, j’étais enfermée avec lui dans la cellule des appels d’urgence jusqu’à avoir un sentiment de claustrophobie. J'étais sur les nerfs dès que le téléphone vibrait.

Le scénario distille les infos intelligemment et ménage suffisamment de rebondissements et de suspense pour qu’on soit vraiment tenu jusqu'à la fin sans s’ennuyer une seconde. 

Écouter

Ecoutez l'ensemble des critiques échangées sur le film autour de Jérôme Garcin sur le plateau du Masque et la Plume :

7 min

"The Guilty" de Gustav Möller : les critiques du Masque & la Plume

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