Nul besoin de dire ici l’importance des salles de cinéma indépendantes en France. Elles participent pleinement à cette exception cinématographique française fondée notamment sur un étonnant réseau de salles disséminées sur l’ensemble du territoire. La tendance à la concentration et la création de salles à écrans multiples ne doit pas condamner l’existence parallèle de cinémas plus modestes, mais qui jouent un rôle essentiel dans la diffusion de films qui ont impérativement besoin du bouche-à-oreille et par conséquent de temps pour exister pour mener à bien leur carrière. C’est la raison pour laquelle on continue de trouver particulièrement navrante l’attitude de « Goliath MK2/UGC » face à David « Méliès de Montreuil », un combat inégal, un procès en sorcellerie indigne de Marin Karmitz, lui qui en a subi dans sa propre vie professionnelle. C’est le 3 juillet prochain qu’un tribunal devait examiner les recours d’UGC et de MK2 contre le Méliès pour « abus de position dominante » et « concurrence déloyale ». Mais on apprend que cette audience est repoussée, preuve que le juge prend son temps et c’est tant mieux ! Après tout, peut-être que pour le Méliès un procès de ce genre, c’est une épreuve nécessaire comme celle du premier amour d’enfance déçu : on se dit alors que le meilleur est à venir. Du coup, le Méliès nous informe à juste titre de sa programmation estivale, alléchante comme il se doit avec notamment la venue à Montreuil de cinéastes comme De Oliveira, Ceylan, Suleiman et Guiraudie. Soit un Portugais, un Turc, un Palestinien et un Français du Sud-Ouest (sic). Quelle belle mosaïque pour répondre à ce ballot de Goliath !Dans le même temps, je reçois un SOS d’une autre cinéma indépendant, une salle Art et Essai « L’Arc en ciel » à Liévin, dans le Nord. Ou plus précisément un communiqué qui émane d’une association de spectateurs qui n’entendent pas renoncer à l’existence de « leur » cinéma fermé brutalement nous dit-on en juin 2008. Un an après cette triste date, ladite association organise à la Faculté des Sports de Liévin, le 1er juillet à 20 heures, une projection du film « No popcorn on the floor ». J’ai du mal à accepter la fermeture d’une salle de cinéma. Pas vous ? Alors si vous êtes du côté de Liévin, mercredi soir prochain et si vous aimez le cinéma (!), pourquoi ne pas aller faire un tour à cette soirée de soutien ? Je suis même preneur ensuite de commentaires pour que l’on sache ce qui s’est passé ce soir-là et quelles sont les perspectives de « l’Arc en ciel ». Ah ! ça ira !La phrase du jour ?« Je suis une femme, Antoine, pas une apparition. Ce qui est tout le contraire. »Fabienne Tabard, alias Delphine Seyrig à Antoine Doinel, alias Jean-Pierre Léaud, dans la chambre qu’occupe ce dernier au septième étage d’un immeuble qui fait face au Sacré Cœur, dans « Baisers volés « de François Truffaut

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