Par Jean-François Fernandez

La 19eédition du Festival international des cinémas d'Asie (FICA) à Vesoul, propose cette semaine une rétrospective du cinéma indonésien.

Depuis 1995, le FICA est le plus ancien des Festivals Asiatiques, mais c’est le seul en Europe à s’intéresser à l’Asie dans sa globalité géographique, l es organisateurs se plaisent à rappeler que l’Asie abordée au FICA vadu Proche à l’Extrême-Orient, de l’Oural au Pacifique et du Canal du Suez à l’Océan Indien.

En 19 ans, quelques 1500 films, longs-métrages ou documentaires, ont été projetés sur les écrans Vésuliens, cette année 90 films sont proposés au public.

L’équipe de programmation à cette année visionné plus de 400 films pour n’en retenir que 9 dans la sélection officielle des films en compétition. Il faut dire que les critères d’admission pour passer au FICA sont extrêmement simples: ne pas avoir encore trouvé de distributeurs en France, mais également être présenté au minium en première Française. 400 films potentiels, c’est dire la quantité de production du cinéma en Asie, une très faible partie termine dans des festivals, et rares sont ceux qui arrivent à bénéficier d’une diffusion en télévision.

À coté de cette programmation officielle en compétition, il y a tous les ans des hommages, des rétrospectives. En presque 20 ans, le spectateur assidu a pu devenir un spécialiste tant des films jamais projetés en France ou en Europe ont eu leur place ici à Vesoul.

Centenaire du Cinéma Indien (1913 – 2013)

Il y a cent ans cette année était tourné le premier film de fiction Indien. Un tournage réalisé à Bombay, où 17 ans plus tôt, les Frères Lumière avaient fait sensation avec leur cinématographe.

De la domination coloniale Britannique, à l’âge d’or du cinéma indien des années 50/60, en passant par l’industrie du Bollywood, le cinéma Indien est riche par sa diversité. Il n’y a pas un cinéma Indien, mais une multitude.

Aujourd’hui le cinéma Indien est essentiellement scindé en deux parties distinctes : le cinéma populaire (Bollywood) et le cinéma d’auteur.

Ce cinéma d’auteur est très important car il est dans toutes les langues, et il représente toutes les régions.

C’est un cinéma engagé et significatif, réaliste, poétique et parfois épique. Les femmes y jouent souvent un grand rôle et il est le reflet d’une société Indienne en mutation.

Le réalisateur bengali Goutam Ghose est à Vesoul jusqu’à mardi prochain. Autodidacte, il réalise son premier documentaire en 1973. A son actif aujourd’hui 13 films de fiction et plus de trente documentaires et court-métrages en Bengali, mais aussi Telegu et Hindi qui ont été primés en Inde comme et à l’étranger. Il est le seul Indien à avoir reçu le prix Vittori de Sica, il est une figue majeure du cinéma d’auteur Indien.

Goutam Ghose avec Jean-François Fernandez

Martine Armand et le réalisateur Goutam Ghoose
Martine Armand et le réalisateur Goutam Ghoose © Jean-François Fernandez

Martine Armand , critique de cinéma, directrice de la rétrospective, collabore au FICA depuis 19 ans au festival. Considérée comme l’une des meilleures spécialistes du cinéma Indien, elle programme chaque année l’Eté Indien au Musée Guimet.

Difficile de ne pas évoquer la production Bollywood, même si elle préfère parler de cinéma populaire… Martine Armand avec Jean-François Fernandez

Les routes d'Asie

La section thématique « sur les routes d’Asie » propose cette année aux spectateurs un voyage sur les routes de la soie. À travers une sélection de 20 films, le festival s’interroge sur le regard cinématographique que portent les cinéastes Asiatiques sur cet appel à la route, traité dans les films.

Jean-Marc Thérouanne, Délégué Général du Festival, au micro de Jean-François Fernandez

Regard sur le cinéma Indonésien (1954-2003) .

Opera Jawa
Opera Jawa © Garin Nugroho

La rétrospective du cinéma indonésien, la première depuis 30 ans en France, est l'événement majeur du festival avec 22 films clés de l'histoire cinématographique de l'Indonésie, plus grand pays musulman au monde.

Le cinéma indonésien est en pleine renaissance et fait preuve d'une grande effervescence créative. Le film le plus ancien du cinéma Indonésien remonte à 1926.

Bastian
Bastian © Radio France

Bastian Meirressone est un spécialiste du cinéma asiatique . Auteur d’un essai biographique « Imamura – Evaporation d’une réalité » et d’une dizaine d’ouvrages collectifs, il dirige le festival « Courtmétrange ». Il présente un documentaire « Sinema Indonesia, a cinema in suspense » réalisé lors de ses recherches pour bâtir ce panorama sur le cinéma indonésien. Ce documentaire sera diffusé dimanche 10 février à 14h et Mardi 12 février à 12h.

Bastian Meiresonne avec Jean-François Fernandez

Histoire d'un festival

Quand on prononce le mot «Vesoul », le grand public à d’instinct un sourire. Merci Jacques Brel, grâce à lui Vesoul est connue à travers le monde, une image qui s’apparente plus celle d’un « goulag » à la Française où l’on est muté pour sanction disciplinaire qu’une ville où il fait bon vivre.

C’est pourtant bien dans cette ville préfecture de la Haute-Saône que se déroule la 19ème édition du Festival International des Cinémas d’Asie jusqu’au 12 février 2013.

Quand on dit festival de cinéma en France, tout de suite on pense àCannes , les plus cinéphiles pensent éventuellement à Deauville et son Festival du cinéma Américain, et pourtant le «FICA » comme on l’appelle ici, a une renommée internationale, certes plus à l’étranger que dans l’hexagone.

Tout est parti, il y a plus de 20 ans de deux passionnés de voyages et d’Asie. Martine a rencontré lors d’un voyage Jean-Marc dans les années 70, ils sont devenus les époux Thérouanne. Documentaliste dans un lycée de Vesoul (et aujourd’hui à la retraite) elle est Directrice du FICA, documentaliste dans un collège de Vesoul il est Délégué Général du Festival.

À travers ce festival qui est leur bébé, ils ont voulu faire connaître « les cinémas » d’Asie, car il n’y a pas un seul cinéma.

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