de Philippe Lioret

avec Marie Gillain , Vincent Lindon , Amandine Dewasme et Yannick Rénier

Claire, jeune juge au tribunal de Lyon, rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu’elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l’urgence de les vivre.

Philippe Lioret a été impressionné et bouleversé par le livre d'Emmanuel Carrère "D'autres vies que la mienne" : "Comme je connaissais Emmanuel, je l’ai appelé pour lui dire à quel point son livre m’avait touché, puis nous avons évoqué une éventuelle adaptation au cinéma et sommes tombés d’accord qu’elle était impossible. Nous en sommes donc restés là. Quelques mois plus tard, alors que j’étais au Brésil pour la sortie de Welcome , l’idée de la transposition m’est venue : changer les personnages, en inventer d’autres et ne rien garder du livre si ce n’est l’esprit qui me plaisait tant et quelques mots clés : deux juges (un homme et une femme, mais différents), le surendettement et l’urgence due à ce mal violent qui frappe l’un d’eux (encore qu’il s’agisse déjà là d’une transposition du livre). Ne pas l’adapter, mais s’en inspirer librement. En quelques jours, l’histoire que je voulais raconter s’est tissée : la rencontre de ces deux-là, leur "enquête" pour sauver Céline et contrer les abus des sociétés de crédit, et la relation intime qui naît entre eux face à la brutalité d’une échéance qui frappe Claire, leur histoire d’amour si singulière. J’ai alors appelé Emmanuel pour lui en parler et il m’a donné son accord pour cette "trahison". Puis, avec Emmanuel Courcol, mon complice d’écriture, nous avons écrit le scénario en six mois, sans rouvrir le livre. "

Philippe Lioret dirige Marie Gillain et Vincent Lindon
Philippe Lioret dirige Marie Gillain et Vincent Lindon © Radio France / Guy Ferrandis

A propos de la relation entre Claire (Marie Gillain) et Stéphane (Vincent Lindon)

Vincent Lindon et Marie Gillain
Vincent Lindon et Marie Gillain © Radio France / Guy Ferandis

Philippe Lioret :"La relation intime qui surgit entre eux n’est pas souvent traitée. Elle fait pourtant partie de notre quotidien, d’une rencontre, souvent professionnelle, qu’on est amené à faire. Basée sur la connivence, elle débouche souvent, entre un homme et une femme, sur une forme étrange d’amour-amitié. Pour Claire et Stéphane, cette relation naît spontanément en parallèle de leurs vies et ne met a priori pas en danger leurs couples respectifs. [...] Ils découvrent deux façons différentes d’aimer, chacune unique et tellement salutaire. Leur relation à eux est faite de complicité professionnelle, d’une forme d’amour où l’image du père n’est pas loin, et de désir aussi. C’est une histoire sur la pluralité de l’amour. Bien qu’il n’y ait pas d’ambiguïté dans leur relation, il y en a pourtant une dans le regard des autres. Et il y en aura probablement aussi dans celui du spectateur qui vivra cette rencontre par rapport à sa propre vie et à ses questions. "

Les comédiens

Marie Gillain
Marie Gillain © Radio France / Guy Ferandis

Marie Gillain - Claire

Philippe Lioret :"Je ne cherchais pas une actrice, je cherchais Claire. J’ai rencontré un nombre impressionnant de comédiennes susceptibles de l’incarner, et certaines furent très convaincantes, mais je butais toujours sur la nature profonde du personnage que je ne retrouvais pas totalement chez elles. Comme je n’avais pas encore envisagé Marie, elle s’est bagarrée pour venir faire une lecture, durant laquelle j’ai senti chez elle une détermination qui m’a beaucoup plu. Mais il lui fallait aussi «lâcher prise» pour incarner Claire. Alors, elle est revenue tourner des essais. Et là, en lui donnant la réplique, j’ai senti que derrière son engagement, affleuraient la fragilité et la grâce que je cherchais. Claire c’était elle. "

Pour préparer ce rôlr de juge, Marie Gillain s'est rendu à plusieurs reprise dans des tribunaux d'instance :"J’ai accompagné les juges dans leur travail quotidien, face à des gens qui sont passés par des étapes d’humiliation et de désespoir inimaginables, qui viennent à la barre, devant vous, avec une anxiété et une fragilité extrêmes. Les juges m’ont expliqué qu’ils essayaient de les écouter en se mettant à leur place, avec empathie. Ce mot m’est resté. [...] J’ai aussi pensé à cette petite phrase que ma maman m’avait glissé quand j’étais petite… Je voulais arrêter la danse classique. J’adorais ça, mais c’était trop exigeant. Elle m’avait donné une carte avec une danseuse dessus, sur laquelle elle avait écrit : «Qui ne veut rien faire trouve une excuse, qui veut faire quelque chose trouve un moyen.» C’est une phrase toute bête, mais quand on se la répète régulièrement, ça vous donne vraiment la niaque. Et ça, c’est toute la détermination de Claire. "

Vincent Lindon
Vincent Lindon © Radio France / Guy Ferrandis

Vincent Lindon - Stéphane

"Philippe m’a envoyé le scénario. Dès que j’ai fini de le lire,j’ai laissé un message sur son répondeur : ton récit m’abouleversé, j’ai envie d’être Stéphane. Voilà, c’est aussisimple que ça. Parce que c’est d’une force, d’une violenceet d’une tendresse infinie. Ce que j’aime avec Philippe, c’estqu’il aborde des sujets de société en parlant au coeur plutôtqu’à la tête. Et quand le coeur est touché, il fonce. "

Et à propos de son personnage :"Stéphane, dans un sens, c’est un peu Robin des Bois. Mais après avoir lu et relu un scénario, je ne réfléchis plus trop à la psychologie du personnage. Je n’y pense d’ailleurs même plus du tout. Je plonge dedans, c’est instinctif. Et pour qu’il sonne juste, je m’attache à faire corps avec lui : commentbouger, comment porter mes fringues… "

Yannick Rénier et Amandine Dewasmes
Yannick Rénier et Amandine Dewasmes © Radio France / Guy Ferrandis

Yannick Rénier et Amandine Dewasmes

J’avais déjà travaillé avec Yannick sur Welcome . Il est revenu passer des essais – ces essais que je fais systématiquement non pas pour juger si un acteur est bon ou pas, mais pour voir s’il correspond au personnage – et il n’y a eu aucun doute, c’était lui. J’aime beaucoup sa finesse. Il n’a pas de préjugés, c’est un type bien, comme Christophe.Pour Amandine, c’est Tatiana Vialle (qui s’occupe du casting) qui me l’a présentée. Elle a fait les essais et là aussi c’était indiscutable. Elle est d’une grande justesse et aussi très intense. Elle va, je crois, faire une très belle carrière. En plus, je me suis dit que, sur ce film, je ne voulais travailler qu’avec des gens, acteurs ou techniciens, avec qui j’aurais pu partir en vacances, et ce fut le cas avec tous.

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