Retour sue un article de Jean-Luc Douin dans "Le Monde" daté d'aujourd'hui mercredi 3 juin. Explicitement sur-titré "Il y a un demi-siècle sortait ler premier long métrage de François Truffaut. Retour sur un drame familial qui fut aussi une révolution pour le cinéma.", il porte en titre principal "Une famille aux quatre cents coups", le tout sous la signature de Jean-Luc Douin. Ce dernier, comme il le souligne lui-même, ne révèle rien de nouveau quant au statut plus moins autobiographique du premier long métrage de Truffaut. Tout a déjà été dit et cité dans la formidable biographie que publièrent en leur temps Serge Toubiana et Antoine de Baecque, chez Gallimard.Mais ce rappel historique s'avère utile pour redire certaines vérités à mes yeux. D'abord que le côté autobiographique du film ne saurait ni le résumer ni l'englober dans sa totalité et surtout sa complexité. En déclarant qu'il était à côté et parfois même en-deçà des duretés subies durant son enfance, Truffaut a écarté l'idée même d'un "auto-biopic". Son mentir-vrai a lui est beaucoup plus fécond, essentiel et créatif que n'aurait été le plat et édifiant récit d'une enfance malheureuse. On laissera aux vidéastes amateurs le soin de penser que le simple filmage de leur vie recréée ou non fait sens et fait œuvre. Que l'artiste pille sa propre vie comme bon lui semble, c'est une évidence, voire une nécessité. Que certains cherchent à tout prix à en repérer les traces relève soit du voyeurisme soit de l'enquête inutile. Le film de Truffaut est une œuvre d'art, pas un documentaire. Pas plus qu'il n'est répétons-le ici une enquête choc sur le traitement de la délinquance. Truffaut n'est ni Cesbron, ni Cayatte, si l'on veut se replacer dans les années 50.Tel est peut-être le paradoxe de cette Nouvelle vague alors naissante : rompre avec le tournage en studios et les lourdes caméras intérieures pour tourner "légérement" et en extérieurs ne signifiait pas , au moins pour Truffaut, devenir le documentariste de son époque et de son temps. A force de confondre réel et réalisme, on finit par brouiller les lignes ou les déplacer. Comme si la fiction devait forcément être au -dessus du réel pou rester de la fiction pure.La phrase du soir ?""Avant-guerre, je parle de la deuxième mondiale, de Jacques Chardonne, de Paul Morand, on disait d'une jolie femme : "Elle est à peindre"."Claude Miller

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