Le festival de Cannes et plus exactement l’annonce de son programme m’ont laissé sans voix. Ce pourrait être la version officielle de ce court silence du blogeur, bien mal venu en ces temps tellement cinématographiques. L’autre version, la vraie, irait plutôt se nicher du côté de l’ophtalmologie, mais le ridicule de la perspective d’un critique de cinéma peu… clairvoyant m’incite au silence et à l’arrêt immédiat de cette « confession » ! Quoi qu’il en soit, nous savons désormais de quoi Cannes sera fait tant pour la sélection officielle que pour la « Quinzaine des réalisateurs » et « La Semaine de la Critique ». Je ne doute pas que vous sachiez déjà et amplement tout à propos des films qui seront à l’affiche sur la Croisette à partir du 13 mai prochain. Vous aurez donc appris que notre « film mystère » n’était autre que le nouveau flamboyant mélo de Pedro Almodovar, « Etreintes brisées », sélectionné en compétition officielle et que je me réjouis d’avance de revoir sur place ! Même sentiment pour un autre film en compétition officielle que j’ai eu le privilège de voir également : « Looking for Eric » de Ken Loach avec Eric… Cantona dans un second rôle essentiel. C’est un Loach grave et détendu, presque souriant que vous découvrirez à votre tour très rapidement, puisqu’il sera en salles le 27 mai prochain, soit le mercredi suivant la fin du Festival. Le cinéaste anglais signe là une œuvre très attachante qui reprend ses thèmes favoris (la lutte sociale, pour aller vite) avec un traitement très original. Je reviendrai sur ce film, mais il est fascinant de constater combien Loach a su éviter tous les obstacles qui se dressaient sur sa route notamment à cause l’utilisation de Cantona dans son propre rôle. Du grand art pour le cinéaste comme pour son acteur.Dans l’émission d’hier, nous avons successivement donné la parole à chacun des trois responsables des trois sélections cannoises citées plus haut. L’un avait été enregistré, le second était en studio et le troisième au téléphone. Leur dialogue en direct était donc impossible mais ils se sont parlé malgré tout ! Thierry Fremaux, le délégué général du Festival, a cité un film de la Quinzaine quand on lui a demandé une image marquante, soit une belle façon de botter en touche en ne citant aucun film de « sa » sélection et ne pas faire de jaloux par conséquent. Olivier Père, pour la Quinzaine, s’est malicieusement réjoui de faire l’ouverture de « sa » sélection à lui avec le nouveau film d’un habitué de la compétition officielle, Francis Ford Coppola. Ajoutant même, mais hors micro cette fois, que Steven Soderbergh, peut-être, pourrait rejoindre les rangs des films présentés par la Quinzaine... Ce qui, soit dit en passant, serait une seconde pierre dans le jardin du Festival officiel : Coppola + Soderberg, ce serait le recto-verso d'une même image, celle d'une sélection dite parallèle qui fait la nique à sa sa soeur aînée et néanmoins concurrente ! Enfin, Jean-Christophe Berjeon, de la Semaine de la Critique, envoyait quelques gracieusetés aux deux autres sélections en notant qu’elles se vantaient toutes les deux beaucoup de leur forte représentation des cinématographies asiatiques pour mieux noter, lui, le relatif conformisme de ces dernières.Bref, si les fleurets étaient mouchetés, la compétition existe toujours bel et bien entre les sélections elles-mêmes. Ce qui au fond est un signe de vitalité.La phrase du jour ?« Vous aimez la mer ? » Pandora, alias Ava Gardner, dans « Pandora » d’Albert Lewin

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