"Plutôt que d'aller vers la satire sociale, "Les Tuche" paressent entre gentille absurdité et niaiserie sans imagination." Telle est la conclusion de Thomas Sotinel, mon confrère du "Monde" dans la notice de 16 lignes qu'il a consacré au film d'Olivier Baroux qui sort demain en salles, actualité monégasque oblige. Dans la bouche d'Olivier Baroux et de Jean-Paul Rouve, son acteur principal, invités cette semaine du "Fou du Roi" cela signifie que, je les cite, même "Le Monde" a aimé. Et c'était dit sans ironie manifestement. Ainsi donc dire d'un film qu'il est paresseux et niais relève de la critique positive. A ce compte-là, on va se régaler ! Plus sérieusement, on peut se demander à quoi rime cette comédie de la part du cinéaste et de l'acteur. La vérité, c'est qu'ils s'attendaient à une longue descente en flamme de leur film et que devant cette notice noyée parmi d'autres, ils ont poussé un soupir de soulagement. Du côté de leur attaché(e)e de presse, le sentiment a du être le même. Comme quoi, quand on aligne les navets (Olivier Baroux est également l'auteur du mémorable "Safari" avec Kad Merad), le mieux est de cultiver la méthode Coué et de se lever chaque matin que Dieu fait en criant : "Cette fois, "Le Monde" va aimer mon film, cete fois "Le Monde" va aimer mon film,....". Le plus curieux dans cette histoire c'est qu'Olivier Baroux brandit l'avis (falsifié mais qu'importe....) du "Monde" alors qu'au fond de lui-même il doit s'en foutre éperdument.La carrière dans les salles de cette Tucherie ne dépend évidemment en rien de l'avis du "Monde". A l'exact opposé du magnifique parcours que fait actuellement dans les cinémas français le film iranien "Une séparation". Qui pouvait parier sur plus de 300 000 spectateurs qui à ce jour (et ce n'est pas fini) vu ce film sans star, ni strass, ni paillettes ? Qui dira à ceux qui continuent de rêver à une critique de cinéma muette avant la sortie des films que seule la mobilisation de la critique durant les jours voire les semaines qui ont précédé sa sortie a permis sans aucun doute ce petit miracle de fréquentation ? Et on pourrait affirmer la même chose à propos du film "Incendies", entre autres. On espère vraiment qu'entre deux lectures de la presse qui aime son film, Olivier Baroux prendra le temps d'aller voir "Une séparation". On ne saurait trop le lui recommander.

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