Seize ans après "Embrassez qui vous voudrez", l’adaptation de "Vacances anglaises" de Joseph Connolly, Michel Blanc rempile avec "Voyez comme on danse". Une comédie d’1h28, où l’on retrouve Carole Bouquet, Karine Viard, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc… Les critiques du "Masque & la Plume" sont assez déçus.

"Voyez comme on danse" de Michel Blanc, dans les salles depuis le 10 octobre 2018
"Voyez comme on danse" de Michel Blanc, dans les salles depuis le 10 octobre 2018 © Arnaud Borrel

Le film de Michel Blanc résumé par Jérôme Garcin

Jacques Dutronc, le mari de Charlotte Rampling, disparaît sans crier gare. Carole Bouquet est vegan et trouve son nouveau mec (Jean-Paul Rouve) très parano. Karin Viard est veuve et a une fille de 17 ans qui attend un enfant du fils de Jean-Paul Rouve. J'en oublie... Peu importe, le propos n'a pas  vraiment changé depuis le premier film : c'est dur d'être une femme et c'est nul d'être un homme.

Pierre Murat a vu "un vaudeville"

PM : J'ai entendu tellement de mal de ce film que j'ai presque envie de le défendre sur quelques personnages… Jean-Paul Rouve en faux parano est très drôle

Ce que Michel Blanc a voulu faire (et qu'à mon avis il n'aurait pas dû le faire), c'est caricaturer d'avantage les personnages d'il y a dix ans. Donc il en fait des caricatures à la Feydeau ! C'est un vaudeville...  

Ce n'est pas un très grand film mais je préfère ça au  "charme" et à "l'invention" de L'Amour Flou.

Xavier Leherpeur a vu "un film pour rien"

XL : Ça fait peut-être plaisir d'entendre parfois un dialogue écrit - même si je pense Charlotte Rampling a réécrit ses dialogues parce que ce sont les seuls un peu savoureux du film, quand elle dit à Karin Viard "Ne me remercie pas deux fois, c'est so working class", c'est très drôle. 

Michel Blanc dit partout qu'il n'a pas revu le premier film, il aurait mieux fait de le faire parce que peut-être qu'il n'aurait pas fait sa suite ! Connolly [l'auteur de Vacances anglaises dont le film est une adaptation] n'a absolument pas participé à ce truc-là donc il y a des personnages, des situations, et au moment de se dire "il faudrait peut-être une histoire", autre chose que ces portes qui claquent et cette révélation qui arrive au bout d'une heure et dont on se fout complètement, eh bien on se dit que c'est un film pour rien.

Xavier Leherpeur : "Le problème, c'est que Michel Blanc a des personnages qu'il n'a pas su faire vieillir"
Xavier Leherpeur : "Le problème, c'est que Michel Blanc a des personnages qu'il n'a pas su faire vieillir" / Arnaud Borrel

Charlotte Lipinska a vu un truc de terriblement bourgeois

CL : C'est un peu triste : c'est quand même de bons comédiens, qu'on se réjouit de voir, mais là j'ai été assez consternée par le film. 

Je suis très étonnée parce qu'à des moments, on a l'impression que Michel Blanc voudrait emmener son film un peu ailleurs, vers quelque chose d'un peu plus libre et finalement tout retombe dans un truc de terriblement bourgeois, convenu. Il a peur des personnages ou des situations… mais ça reste assez désespérant.

Charlotte Lipinska : "C'est vrai qu'il y a quelques dialogues qui fonctionnent, mais tout repose sur l'abattage des comédiens. Karin Viard en a pour tout le monde, mais c'est presque trop ! On n'en peut plus de Karin Viard dans ce rôle-là"
Charlotte Lipinska : "C'est vrai qu'il y a quelques dialogues qui fonctionnent, mais tout repose sur l'abattage des comédiens. Karin Viard en a pour tout le monde, mais c'est presque trop ! On n'en peut plus de Karin Viard dans ce rôle-là" / Arnaud Borrel

Jean-Marc Lalanne a été déprimé par le film

JML : Il y a des velléités un peu libertaires avec un personnage transgenre, notamment. Michel Blanc en fait des blagues extrêmement grossières et finalement retombe sur quelque chose d'assez beauf alors qu'au départ il aimerait être assez libertin et hédoniste. 

Finalement, le film réintègre toujours quelque chose d'assez normativement moral, que je trouve assez désagréable.

Surtout, il n'y a que de la mécanique : c'est une mécanique boulevardière, très dévitalisée, comme si le cœur n'y était plus du tout. Le film est assez déprimant.

Écoutez 

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"Voyez comme on danse" de Michel Blanc : les critiques du Masque & la Plume

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Image extraite de "Voyez comme on danse"
Image extraite de "Voyez comme on danse" / Arnaud Borrel
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