L'inconnu du lac
L'inconnu du lac © Les films du Worso
Les César mettent en avant deux films "sur **l'homosexualité** ", c'est ce qu'on peut entendre et lire depuis vendredi après l'annonce des films encore en lice pour le vote final qui aura lieu fin février. Ainsi sont qualifiés, catégorisés, étiquetés et "La Vie d'Adèle" et "L'Inconnu du lac". Tant pis si depuis le Festival de Cannes et Kechiche et Guiraudie ont refusé fermement ce ghetto d'un film "sur". De fait, ces deux films magnifiques et brûlants racontent bien autre chose qu'une forme de sexualité. Ils ont pour personnages principaux des homosexuel(le)s, certes. Et alors ?
La vie d'Adèle
La vie d'Adèle © radio-france
Dira-t-on des autres films sélectionnes qu'ils sont des films sur l'hétérosexualité ?! Cela ne viendrait à l'idée de personne ! Comme dirait l'autre mal à propos : est-ce que ce monde est sérieux ? Tandis que certains croient voir l'homosexualité prônée dans les écoles maternelles de ce pays, d'autres n'en finissent pas de cajoler des communautarisme qui **ne sont fondés que sur des choix de vie personnels et qui à ce titre devraient donc rester dans la sphère privée et intime** . Il faut à tout prix refuser ces fausses vérités. Et ne pas réduire des œuvres d'art au statut de tract alors qu'elles mêmes disent autre chose. Les deux films concernés sont relégués dans un ghetto qui n'est pas le leur à travers des formulations simplistes. Films sur ? Mais non ! Films tout court ! Films irréductibles à un seul sujet ! Films qui racontent des histoires d'amour passionnées, charnelles, heureuses, tristes, impossibles, joyeuses et palpitantes. Films "césarisables" précisément parce qu'ils ne sont pas des films sur mais des films avec. Avec des actrices et des acteurs au meilleur de leur forme, avec des vrais cinéastes à leur tête, avec une volonté de faire d'abord image, avec la volonté enfin de raconter le monde et de viser l'universalité à partir du singulier. Tout le reste n'est que formules et raccourcis.
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.