C’est le mercredi 4 février prochain (très bientôt donc !) que sortira « Elève libre », le nouveau film du cinéaste Joachim Lafosse. Ceux qui, comme moi, ont vu et beaucoup, mais vraiment beaucoup, apprécié son film précédent, « Nue propriété » (désolé, Anne, c’est un beau film avec Huppert…) se réjouiront d’avance et ils auront bien raison.Passant cette fois au cinémascope, Joachim Lafosse nous offre une œuvre particulièrement gonflée, troublante et salutairement dérangeante : une bonne gifle sur nos joues trop tranquilles ! L’histoire de cet adulte manipulateur qui prend l’ascendant sur son jeune « élève libre » en manque de maître est proprement stupéfiante. Les questions de la transmission et de la sujétion sont au cœur de ce film qui ne vous lâche jamais . Se présentant sous les charmants habits du parfait libéral-libertaire, citant même Camus, le maître décline une partition dont je ne peux et veux rien vous révéler. Car, si vous m’en croyez, vous irez voir « Elève libre », électron tout aussi libre d’un cinéma belge dont on ne dira jamais assez la liberté grande. La complexité et la subtilité du propos de Lafosse font s’ouvrir sous nos pieds de spectateurs de « jolis » abysses. Quand le cinéma participe ainsi de la « connaissance des gouffres », il joue l’un de ses meilleurs rôles. On savait déjà que Joachim Lafosse est un auteur, un directeur d’acteurs et un cinéaste, « Elève libre » confirme tout cela avec force et talent. C’est désormais un créateur de films avec lequel il faudra compter.La phrase du jour ? « Israël est un pays plein de contradictions et plus il y a de contradictions, plus on peut faire de films. » Amos Gitaï

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