C’est depuis l’invention du cinématographe en 1895, l’un des plus beaux nanars du cinéma français, l’un de ces films devenus cultes à force de bêtise. Pour le revoir, il faut cultiver le trentième degré et s’entourer de substances plus ou moins licites afin de faire passer le tout dans différentes volutes et vapeurs. Sans compter la présence de quelques amies et amis prêts à tenter l’aventure avec vous. Mais de quel film s’agit-il ? « Le Jour et la Nuit » évidemment, réalisé en 1996 (treize ans déjà…) par Bernard-Henri Levy, avec Alain Delon, Arielle Dombasle, Lauren Bacall, Karl Zéro (sic), entre autres. Fort de ce formidable navet, BHL pourrait désormais garder une certaine distance à l’égard du cinéma. Mais non ! Dans la pleine page dont il dispose chaque semaine dans « Le Point », l’homme à la chemise immaculée nous donne régulièrement son avis sur les films de l’actualité. Ceux qui en valent la peine évidemment. Avec ce flair artistique impayable et cette sensibilité critique impressionnante qui le caractérisent, il déniche pour nous des pépites cinématographiques. Devinette : à propos de quel film français très récent, BHL a-t-il écrit : « le spectacle le plus impressionnant qu’il nous soit donné de voir ces jours –ci ». Trois propositions : « Irène » d’Alain Cavalier, « Les Herbes folles » d’Alain Resnais ou bien « Cinéman » de Yann Moix ? Il fallait choisir la troisième réponse, car c’est bien de cette montagne d’ineptie et de vulgarité dont parle BHL. On reste pantois jusqu’au moment où, sous la plume de Didier Caviglioli, dans « Le Nouvel Observateur », on peut lire ce rappel aussi réjouissant que mal intentionné : en 1996, à propos du « Jour et de la Nuit », Yann Moix qualifiait le film de BHL de « magnifique hommage à la littérature, au théâtre, au cinéma… ». C’est donc ce qu’en langue vulgaire on appelle un retour d’ascenseur, ni plus, ni moins. A défaut de jugement critique, BHL a de la mémoire. Ce qui est déjà ça.Et puis, cette semaine, BHL remet le couvert avec cette fois le nouveau film de Radu Mihaileanu, « Le Concert », ce gros mélo dégoulinant de bons sentiments et de clichés sirupeux dans lequel il ne voit que, je cite, « Fantaisie, poésie, variations sur l’harmonie perdue et retrouvée et images bouleversantes.» On préfère ne pas savoir le dessous des cartes de cette critique aveugle et complaisante. Que cette Leloucherie suscite tant d’éloges laisse tout simplement pantois. A moins que BHL finalement ne soit le roi du nanar et qu’après son propre film, il ne cherche à créer une sorte d’Internationale du mauvais film des autres. Son « Bloc-notes » du « Point » serait alors le réceptacle de ce catalogue hilarant malgré lui. A quand une grande collection de DVD : « BHL présente… les 100 films pour rire et s’abêtir entre amis le samedi soir » ? Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Etre aimé, c’est être utile. »Victor Hugo

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.