Le film le plus curieux de la semaine, pour ne pas dire dingue, est un film suédois. Il est signé du maître de la nouvelle génération des réalisateurs nordiques : Roy Andersson. Le titre est totalement absurde : "Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence".

Il n'y est absolument pas question de volatiles mais de mise en scène de la vie de gens totalement loufoques. Le film a obtenu le Lion d'Or au dernier festival de Venise .

Qui est le pigeon ? Certains sortiront, c'est sûr, en se disant que c'est eux : les spectateurs qui ont accepté de se laisser embarquer dans ce film assez mal aimable - en tous cas pour qui n'aurait aucun appétit pour l'absurde et les défis stylistiques .

Roy Andersson a 72 ans ; il n'a commis que cinq films. Celui-ci clôt une trilogie assez sombre sur le genre humain. Il l'avait ouverte il y a quinze ans avec "Chansons du deuxième étage" et toius ses films ont en commun cette forme : 40 plans maximum . Des cadres très figés dans une esthétique un peu Goya - mais en sépia .

Dans ce film à sketches , a priori totalement absurdes, on y croise deux représentants en farces et attrapes à l'allure de croques morts qui essaient de vendre du rêve, une femme sur son lit de mort qui refuse de lâcher ses bijoux à sa famille rapace, le roi Charles XII de Suède qui débarque dans un rade et se fait mener aux toilettes avant de mener ses troupes à l'abattoire.

Roy Andersson avec un humour glacé et une maîtrise glaciale lâche, l'air de rien, à la manière d'un pigeon farceur, une bonne chiure sur l'époque...

Photo extraite du film "Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence"
Photo extraite du film "Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence" © Les Films du Losange
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