En ouverture, et pour celles et ceux qui ont lu le post précédent consacré à l’affaire Séraphine, je conseille de lire dans les commentaires dudit post la réponse que m’a adressée Alain Vircondelet. Affirmer, c’est bien. Débattre, c’est encore mieux !Par ailleurs, l’excellente « Newsletter du Film français » de ce jour nous apprend que le film « A propos d’Elly » d’Ashgar Farhadi a été choisi par l’équivalent du CNC iranien pour représenter l’Iran dans les « primaires » de la course à l’Oscar du meilleur film étranger. Détail piquant : l’actrice principale du film a fui son pays pour se réfugier en France où elle réside actuellement, ayant été condamnée pour ne pas avoir porté le voile et pour avoir a contrario participé à un film américain ! Selon nos confrères, la commission iranienne a justifié son choix en arguant que l’erreur d’une membre de l’équipe ne devait pas pénaliser le film en lui-même. On sourira de cette argumentation, tout en disant que le choix de ce film ne va pas de soi : à bien y regarder, la société iranienne qui y est montrée ne respire ni le bonheur, ni la tranquillité. Comme quoi, rien n’est simple même au pays du cinéma !Enfin, ce soir, j’ai eu Mathieu Kassovitz en stéréo et j’ai quelque peu regretté de ne pas être … sourd. De la première incrimination, il ne peut être tenu pour entièrement responsable. C’est à lui que les auteurs de la série documentaire de France 2 « Apocalypse » ont demandé de lire leur commentaire à l’antenne. Or, ce texte est souvent d’une grandiloquence inutile, redondante et parfois même indécente. À l’instar d’ailleurs de la musique écrite par Monsieur Kawaï lequel manie plus la truelle que le piano. Kassovitz prête (vend…) sa voix mais lit des mots qu’il n’a pas écrits. On ne peut donc lui reprocher directement de faire dans le pathos, c’est-à-dire de surajouter à des images lourdes en elles-mêmes. Seulement voilà, sur les conseils avisés de notre assistant Arnault Jamin, je suis allé écouter sur le Web un extrait du récent débat organisé par Frédéric Taddéï dans son émission de France 3 : « Peut-on contester ce que l’on dit sur le 11 septembre ? ». Sur le plateau… Mathieu Kassovitz qui, à l’invitation du meneur de jeu manifestement très à l’aise avec la théorie du complot, déclare d’entrée de jeu : « Il y a une version officielle qu’il faut absolument questionner ». Avec panache, Kassovitz rejoint donc les experts Jean-Marie Bigard et Marion Cotillard dans le club heureusement très fermé et nommé « Je fais mon cinéma sur le 11 septembre ». On a juste envie de lui dire que chaque mort de ce jour-là est un élément à charge de la « version officielle ». Mais, Kassovitz va en fait beaucoup plus loin. Fort de son récent commentaire « apocalyptique », il cite un bon auteur, Joseph Goebbels : « Plus le mensonge est gros, plus il passe ». Donc le 11 septembre est un… mensonge. CQFD. Mais Mathieu K. ne s’arrête pas en si bon chemin nauséabond, il parachève sa démonstration en faisant un parallèle et dit en substance : hier, Hitler faisait des Juifs les boucs émissaires parfaits, aujourd’hui, c’est au tour des Arabes. Avec le 11 septembre comme formidable leurre. Tout s’enchaîne enfin. Tout est simple, lisible. Oui, tiens, décidément, plus c’est gros, plus ça passe : c’est exactement ce que je pensais en écoutant les pauvres délires de Mathieu K. Pour le reste, on essayera de penser complexe et de questionner « l’après 11 septembre » et ses manipulations médiatiques. Pour le 11 septembre proprement dit, on fera silence, comme il est de règle dans un cimetière à ciel ouvert.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Sa brusquerie d’un instant ne reflétait que la passion qui l’animait. De cela, elle était certaine. »Lawrence Durrell, « Le Quatuor d’Alexandrie / Justine »

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