Dans un post récent, je me faisais l’écho de la fermeture brutale et inattendue du plus ancien cinéma de Lyon, le CNP Odéon. Le collectif de soutien avec les employés du cinéma et l’association « Les Inattendus » organisent le samedi 5 septembre une journée entière de mobilisation et de protestation contre les conditions de la fermeture de ce cinéma. Où ça ? Sur la place des Terreaux, à Lyon, à 9h30. Qu’on se le dise !Sinon quoi ? J’ai reçu avant-hier le DVD d’un film sorti au début de l’année 2007, « 7 ans » de Jean-Pascal Hattu et que publie les éditions « Epicentre Films ». C’est une belle occasion de voir ou de revoir cette œuvre attachante et singulière qui, selon l’expression consacrée, n’a pas rencontré son public lors de sa sortie dans les salles. Le hasard fait qu’il s’agit (presque) d’un film de prison, comme « Un prophète ». Presque seulement, car tout ne se passe pas entre les murs, mais la prison en demeure le lieu central. Le lieu où se rend régulièrement Maïté (Valérie Donzelli, parfaite mais cela devient un pléonasme) pour rendre visite à son prisonnier de mari, Vincent (Bruno Todeschini) condamné à sept ans d’enfermement. Survient Jean (Cyril Troley) qui se prétend le frère d’un détenu et attire Maïté… Trois corps par conséquent. Trois personnages. L’un dedans et deux dehors-dedans. S’ensuit une relation trouble, troublée et troublante. Le film fait mine de céder à quelques figures et ficelles faciles de la relation à trois, mais évite sereinement le « Jules et Jim » carcéral. D’autres enjeux, plus pervers, plus secrets et plus mystérieux emportent le film et ses personnages. Il s’agit d’unn premier film et Hattu, le cinéaste, fait preuve d’une belle maîtrise notamment dans la gestion des espaces et l’attention aux objets. On sent, côté scénario, la patte talentueuse de Gilles Taurand, habile et terrible scénariste-conteur de nos errances, errements et autres tâtonnements affectifs. Sans compter une incroyable capacité à capter ce qui pourrait être la perversité d’une situation amoureuse pour mieux lui donner des ailes et l’entraîner vers des territoires plus complexes encore. Avec Taurand, on n’est jamais sur de rien. C’est certainement ce qui en a fait l’un des complices récurrents du cinéma d’André Téchiné. Pour « 7 ans », il a su développer quelques motifs tout à fait passionnants : on tourne autour d’un cœur mystérieux sans jamais le saisir totalement. Paresse ? non, bien au contraire ! Connaissance parfaite des gouffres humains qui conduit à ne rien trancher tout à fait. Amour et désir sont au centre de « 7 ans ». Comme deux repères évidents, comme deux balises pour se rassurer et se repérer. Alors, le monde peut bien tanguer…Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Il faut être heureux d’être heureux. Non par naïveté, mais parce que le vrai bonheur, c’est la conscience du bonheur »André de Richaud, « Espaces »

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