« Le Temps de quelques jours » est une plongée dans le quotidien des Sœurs de l’Ordre le plus strict de France, dans une Abbaye au sud de la France. Un documentaire rare, un chuchotement, à la limite du film d'auteur, où ces femmes livrent leurs réflexions sur cette vie de sacrifice et ce don de soi.

Le Temps de quelques jours
Le Temps de quelques jours © La Vingt-Cinquième Heure

« Si le Saint Esprit le veut, le film se fera . » Ce sont les paroles prononcées par la Mère Abbesse, devant la communauté de l’Abbaye Notre-Dame de Bonneval, dans le sud de la France, à propos du film « Le Temps de quelques jours » , de Nicolas Gayraud . Sorti en salle de puis le 1er octobre dernier, ce documentaire est une ode au recueillement, un film où le silence prend tout son sens.

Fondée en 1147, dans l’Aveyron, l’Abbaye Notre-Dame de Bonneval , était occupée par des moines cisterciens, jusqu’à la Révolution. En 1875, des religieuses cisterciennes font renaître Bonneval, avec la fabrication du chocolat. Aujourd’hui, 30 sœurs entre 26 et 96 ans l’habitent. Leur quotidien ? Prières, lectures et travaux.

Auparavant, jamais aucune caméra ne s’était immiscée dans leur intimité. Un jour, Nicolas Gayraud croise le chemin de la Mère Abbesse.

« En la rencontrant, quelque chose s'est joué, s'est senti... Entre nous. De la confiance, de l'amour, un lien. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas d'un film journalistique. Ça tombait bien, moi non plus », raconte le documentariste Nicolas Gayraud. Il revient à l’Abbaye « Le temps de quelques jours » et il réalise le premier film sur l’Ordre le plus strict de France : l’Ordre Cistercien de la Strict Observance .

Pourquoi et comment devient-on bonne sœur ? Pourquoi cette vie de recueillement et de dévotion ? Soeur Anne-Claire, âgée de 31 ans, ancienne ingénieure dans le domaine des appareils photo numériques, se rappelle la réaction de son entourrage :

Mes amis croyants n’ont pas trop compris. Un prêtre, on comprend, c’est utile. Mais une bonne sœur, ça sert à quoi ? Surtout une contemplative ? L'annonce a été dure à accepter pour ma famille. On ne veut pas que sa fille soit bonne sœur, on rêve d’autre chose pour elle (…) Sur le coup, mes parents ont eu l’impression de me perdre.

La jeune soeur continue sur les raisons de sa présence à l'Abbaye : « Ici, l’objectif n’est pas de se frustrer mais c’est d‘essayer de se recentrer sur l’essentiel. Sur des choses plus satisfaisantes. »

Vivre à l'intérieur

Mère Abbesse, dans Le Temps de quelques jours
Mère Abbesse, dans Le Temps de quelques jours © La Vingt-Cinquième Heure

Pour la Mère Abbesse, sœur Michèle, rentrée en 1974, à 21 ans, son choix est de « unacte foncièrement contestataire » : « Le fait de vivre à l’intérieur est peut-être ce qu’il a de plus simple, mais aussi de plus angoissant. On a besoin de se remplir avec du bruit, des images, du son de l’activité, parce qu’on a peur d’être seul avec soi-même. Et quelque part, il y a de quoi. On est vraiment incompréhensibles à soi-même. »

Les sœurs se côtoient chaque jour mais ne se parlent finalement que très peu. Les dialogues avec le réalisateur sont parfois réduits au chuchotement. Le film, n'est décidément pas un documentaire journalistiques. Plus que la raison, il invoque l'esprit. Et le réalisateur n'hésite à pas à partager ses coulisses de tournages, au fil des scène, comme des panneaux de films muets . On se laisse prendre à contempler la nature avec ses soeurs touchantes, et étonnemment drôles, qui semblent avoir pensé, arrivées sur les lieux, tel André Breton sur la terre de Saint-Cirq Lapopi : « J'ai cessé de me désirer ailleurs. »

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