Chose promise (hier), chose due (aujourd’hui). Dans mon post précédent, je voulais vous parler des films qui seront en salles ce mercredi. Ne comptez pas sur moi pour évoquer les 15 films à venir que je n’ai d’ailleurs pas tous vus à ce jour, je le confesse bien volontiers. Je choisis donc de me concentrer sur le film qui, à mes yeux, s’avère le plus intéressant de cette semaine : « Tokyo Sonata » du Japonais Kiyoshi Kurosawa. Soit dit en passant, après « 24 City » et « The Chaser » la semaine dernière, le cinéma asiatique démontre sa vitalité (ou du moins faudrait-il parler plus justement des « films asiatiques que l’on choisit de nous montrer en France »). Le point de départ est on ne peut plus simple et catastrophiquement actuel : un cadre nippon apprend qu’il est licencié pour cause de délocalisation et décide de n’en rien dire à son épouse et ses deux fils. C’est le point de départ de l’implosion d’un cocon familial qui ne peut résister à un tel déni de la réalité : le père entame une descente aux enfers, son plus jeune fils s’enferme dans un mutisme révélateur, tandis que l’aîné veut s’engager dans l’armée pour aller en Irak. Au milieu de ce beau désastre, seule la mère semble être en mesure de résister. Mais ne comptez pas sur moi pour vous raconter la suite de ce film qui n’est jamais là où on l’attend. Un maître mot semble en conduire la logique interne secrète : résilience. Non pas le terme de physique qui, je cite mon dictionnaire, est « le rapport de l’énergie cinétique absorbée nécessaire pour provoquer la rupture d’un métal, à la surface de la section brisée ». Non, non mais bien en revanche cette « résilience » qui permet de surmonter les chocs de la vie et d’aller de l’avant. Si « Tokyo Sonata » séduit, dérange et déroute tout à la fois, c’est bien parce qu’il tient cette note de la résilience jusqu’au bout. Jusqu’à la scène finale (pas d’inquiétude, je reste muet sur son contenu, vous pouvez continuer à me lire !) qui attribue à l’art en général et à la musique en particulier des vertus de thérapie individuelle et collective propre à remonter toutes les pentes et oublier tous les coups durs de l’existence. Cette sonate de Tokyo commencée comme un oratorio funèbre se termine dans une autre tonalité fort différente. Entre temps, le cinéaste Kurosawa nous aura bien baladés, au bon sens du terme, nous ses spectateurs avides d’histoires.La phrase du jour ? « Ses cheveux sont d’or on diraitUn bel éclair qui dureraitOu ces flammes qui se pavanent Dans les roses-thé qui se fanent »Guillaume Apollinaire, « Calligrammes »

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