Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable...

Une séparation a été récompensé par le Golden Globe du meilleur étranger

La genèse du film par Asghar Farhadi

"J’étais de passage à Berlin, où je travaillais sur le scénario d’un autre projet. Un soir, dans la cuisine, j’ai entendu une musique iranienne qui venait de la pièce voisine. Tout à coup, j’ai été envahi par des souvenirs et des images d’une tout autre histoire. J’ai essayé de les chasser de mon esprit, et de me concentrer sur le scénario que j’écrivais. Mais il n’y avait rien à faire : les souvenirs et les images s’étaient enracinés en moi. Ils ne me lâchaient pas : même dans la rue et dans les transports en commun, ce début d’intrigue qui venait d’ailleurs me poursuivait. J’ai fini par accepter l’idée que je me sentais de plus en plus proche de cette histoire. Donc, je suis retourné en Iran, et je me suis mis à travailler sur ce scénario, qui allait devenir celui d'Une Séparation ."

Tout au long du film, les personnages s’observent souvent à travers des vitres qui créent autant de séparations entre eux.

Asghar Farhadi
Asghar Farhadi © Memento Films Distribution
"_Pendant mes repérages, je cherchais à chaque fois des décors avec des parois vitrées. Et quand il n’y avait que des murs, je demandais à mon décorateur de les transformer en baies vitrées. Ce choix m’a non seulement permis d’évoquer la fragilité des personnages, mais aussi, grâce à leur reflet dans les vitres, de montrer qu’ils sont constitués de différentes strates et que le film explorait précisément leurs différentes facettes._ " **L’ensemble des comédiennes du film ont obtenu l’Ours d’Argent d’Interprétation Féminine au Festival de Berlin 2011. Dans le film, Asghar Farhadi s'intéresse à deux figures opposées de le femme iranienne.** "_Les spectateurs occidentaux ont souvent une image très déformée de la femme iranienne qu’ils voient comme soumise, confinée aux travaux domestiques et déconnectée de toute activité sociale. Il y a sans doute un certain nombre de femmes iraniennes qui vivent ainsi, mais pour la plupart, elles sont engagées dans la vie sociale, et avec bien plus de volontarisme que les hommes. Les deux catégories de femmes sont présentes dans le film, sans que je porte sur elles un jugement ou que j’en fasse des héroïnes. L’affrontement entre elles n’est pas celui du bien et du mal. Ce sont simplement deux visions contradictoires du bien. Et c’est en cela qu’il s’agit d’une tragédie moderne. Le conflit éclate entre deux entités positives, et j’espère que le spectateur ne souhaitera pas que l’une triomphe au détriment de l’autre._ "
**3 prix remportés à la Berlinale 2011** - Ours d'Argent de la Meilleure actrice (Sarina Farhadi, Sareh Bayat, Leila Hatami) - Ours d'Argent du Meilleur acteur (Shahab Hosseini, Peyman Moadi, Asghar Farhadi) - Ours d'Or (Asghar Farhadi) ### **Le choix des comédiens** "_En général, je prends mon temps pour choisir mes comédiens, et ce film n’a pas fait exception à la règle. Mon choix se porte davantage sur les capacités de jeu d’un acteur que sur son apparence physique ou son visage. Par conséquent, je fais faire des essais à tous les candidats potentiels, afin de voir s’ils sont proches du_ _personnage ou pas. J’essaie de ne pas gêner mes acteurs avec mes réflexions d’ensemble sur le film, ou avec la vision que j’en ai. Je trouve que les comédiens n’ont pas besoin de connaître le sens général du fi lm mais qu’ils doivent s’efforcer de se concentrer sur la personnalité et les motivations de leur personnage._ _Ma méthode, en réalité, consiste à m’adapter à chaque acteur, à sa manière d’être et à son propre fonctionnement. Mais ce qui ne varie pas, ce sont les répétitions auxquelles j’attache une grande importance. C’est à ce moment-là que les acteurs entrent dans la peau de leurs personnages. C’est une approche qui me vient sans doute de mon expérience du théâtre. Une fois sur le plateau, nous nous sommes tous mis d’accord sur le fait qu’à partir de là on ne ferait plus que d’infimes changements. Cela ne veut pas dire que je refuse les suggestions ou les avis des uns ou des autres mais nous avons convenu que ces discussions n’auraient lieu que pendant les répétitions._ " ![](sites/default/files/2011/06/17/42037/videos/video-xij1c0.jpg){% video 0963f43c-98ce-11e0-b8ee-842b2b72cd1d %}
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