Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans La Vallée de la Mort, en Californie.Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant.Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael…

"Je me suis rendu dans La Vallée de la Mort fin 2012. Mon séjour dans l’un des plus grands parcs des Etats-Unis s’apparente à un rêve éveillé. Mais un rêve dont les impressions et les détails ne s’évanouirent jamais totalement. Au contraire même, les rémanences se firent plus précises au fil des mois, à l’instar de ces rêves d’enfants dont on garde une saveur étrangement familière, presque tactile.Là-bas le temps est horizontal, comme en Afrique. Un vrai piège. La Vallée de la Mort est un piège à vérité. C’est votre cerveau solitaire ouvert à tout ce qui vous échappe. Et si vous acceptez l’idée que l’essentiel n’est jamais ce que vous décidez, alors le sujet peut jaillir comme une source et cette source irriguer votre coeur mis à nu.Il y a eu Isabelle Huppert dès le départ. Notre travail sur La Religieuse a ouvert une brèche ardente. Isabelle Huppert est quelqu’un capable de ne pas reproduire, quelqu’un à qui il est inutile d’expliquer, de montrer et de dire.Donc un lieu. Une femme. Une mère. La mère de l’enfantPuis le deuil, celui qui rôde de vie en film et de film en vie. C’est ainsi que mon esprit fonctionne. Un torrent qui ne tarit jamais et se déverse sur un autre torrent qui se déverse en moi jusqu’à l’asphyxie, sans savoir si je vais me noyer avant d’avoir pu finir.Je me revois assis dans ce canyon, perdu, totalement libre. Je discerne mon corps déambuler dans ce corridor de pierre à la recherche du fils. Et c’est le père qui apparaît. Le père de l’enfant qui approche. Je le vois s’approcher de moi et je le reconnais aussitôt.C’est Ryan O’Neal, l’amoureux de Love Story, celui qui embrasse Marisa Berenson dans une des plus belles scènes de cinéma muet. Il serait donc le père et le mari.Avril 2013. Impossible. Nous nous heurtons à un mur. Le financement est insuffisant. Un film en langue anglaise nous exclut de tous les guichets habituels. Je suis dans la rue, au téléphone avec Sylvie Pialat, ma productrice. Je lui dis que je dois faire ce film. Et là, tout va très vite, je me retrouve propulsé dans Mosaïc canyon. Je regarde et j’écoute. Dans le corridor de pierre, c’est un autreGuillaume qui surgit. Et avec lui le prénom de son père.Je vois distinctement Depardieu. Quand je dis que je le vois, il est "le film". Il est celui pour qui le sens du film apparaît définitivement. C’est donc pour lui que ce cinéma-là pourrait exister. Je le vois au côté d’Isabelle, je ne fais que ça de les voir.Je les regarde tous les deux et je prends conscience que cet enfant mort c’est aussi moi et que nous allons peut-être le ressusciter ensemble."Guillaume Nicloux

Valley of love
Valley of love © le pacte

ISABELLE : "Notre fils nous demande de faire cette chose pour lui. Tu es là pour lui. Tu vas faire ce qu’il te demande."GÉRARD : "C’est n’importe quoi. Tu n’es pas venue à son enterrement."ISABELLE : "Je ne vais plus aux enterrements depuis la mort de mon père."GÉRARD : "C’était ton fils."ISABELLE : "Je me fous de ce que tu penses. Tu es celui qui souffre le plus, c’est ça que tu essaies de me dire ?"GÉRARD : "Non, je veux pas me disputer."ISABELLE : "Alors pourquoi tu ne dis que des saloperies ?"

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