Le petit monde du cinéma ne parle que de cela ou presque depuis la fin du Festival de Cannes : pourquoi, mais pourquoi, « Valse avec Bachir » le film de l’Israélien Ari Folman est-il totalement absent du palmarès ? Pourquoi avoir « oublié » de récompenser d’une façon ou d’une autre le premier documentaire d’animation de l’histoire mondiale du cinématographe ? Pourquoi, après avoir placé le festival sous le signe des films « conscients du monde qui les entoure », le président Penn et son jury sont-ils totalement passés à côté du plus original d’entre eux au sein de cette sélection 2008 ? Mystère total ! Mais « l’affaire se torse » ( dixit Nono alias Eddy Mitchell dans « Coup de torchon » de Tavernier) quand on apprend qu’Ari Folman, le réalisateur donc, était présent lors de la cérémonie de clôture accompagné d’ailleurs et symboliquement de membres de sa famille. Or, la méthode cannoise est simple de ce point de vue : on appelle les futurs lauréats pour leur demander de revenir à Cannes mais en ne leur révélant pas la nature de leur récompense. C’est l’assurance de ne pas remettre de Prix à des absents. C’est également la certitude de pouvoir « lire » le palmarès dans le désordre lors de la montée des marches. C’est enfin le désamorçage préalable de quelques grimaces en direct sur le visage des déçus qui préfèrent en général ne pas assister à leur déconfiture (on les comprend !). Bref, le dimanche 25 mai, Ari Folman était bien là, prêt à recevoir un prix (et durant tout le Festival la rumeur lui attribuait volontiers de l’or…). Mais alors, qui lui a demandé d’être présent ? De source sûre, on me susurre à l’oreille droite que l’attaché de presse du film a fait une gaffe en demandant de son propre chef à Folman d’être présent. De source sûre, on me murmure à l’oreille gauche que le palmarès a été modifié dans le courant de l’après midi par le jury et qu’il n’était plus possible alors de « désinviter » Folman déjà contacté. Qui croire ? Je n’ai aucune raison objective, aucun fait avéré qui me permettrait de trancher. Reste pour moi l’image d’un réalisateur la tête dans les étoiles qui a du rêver de la palme jusqu’au dernier Cantet-moment. Reste surtout l’amertume profonde générée par cette absence totale : du coup, « Valse avec Bachir » ira seul à la rencontre de son public sans la moindre onction du plus grand des Festival de cinéma lequel sera donc passé à côté d’une première mondiale… C’est à partir du mercredi 25 juin prochain que vous pourrez vous faire votre opinion en allant voir dans les salles le film de Folman. Et ce sera une bonne façon de laver l’affront cannois.Le dialogue du jour ? Spéciale dédicace à Louis Bozon : Mortez (Jean Rochefort) : Dis-moi, c’est ici que tu habitais ? Rivetot (Gérard Jugnot) : Ben, oui !Mortez : Alors, regarde bien le paysage. Parce qu’on n’est pas prêts de r’venir !(Dernière réplique de « Tandem » de Patrice Leconte)

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