« Soudain le vide »… comme son titre l’indique. Hélas, Gaspar Noé ne pratique pas l’autodérision. Il faut donc prendre le titre de son film au sens propre. C’est le vide que son personnage principal voit à l’heure de sa mort. Un vide rempli de souvenirs et de bruits et d’images. Comme chez Marc Lévy. Mais en plus trash. Oui, pourquoi ne pas avoir le droit de le dire : un scénario de Gaspard Noé a l’épaisseur scénaristique d’un livre de Marc Lévy. Pourquoi ? Parce que Noé, c’est chic et choc. Et Lévy, c’est ringard. Pour un peu, on défendrait ce dernier. Passons. Il reste l’indigence narrative de ce « Soudain le vide ». C’est la marque de fabrique de Noé : je n’ai rien à raconter, alors, je vais vous le raconter autrement. Dans « Irréversible », ça donne une histoire rebattue de vengeance après un viol racontée à l’envers. Ici ce sont les relations frère-sœur platement évoquées mais « vues d’avion » ce qui change tout, c'est-à-dire rien.Puisque nous sommes sensés revivre les souvenirs d’un mort, tout en effet est vu d’en haut. Ben oui, quoi, vous savez bien, vous l’avez tous lu, un mort ça flotte au dessus de son cadavre alors ça voit comme depuis un avion ou un hélicoptère. Ah bon ? Ben oui, c’est écrit dans des tas de livres. Ah, bon ben oui, alors. Le problème, c’est qu’il s’agit de souvenirs très longs : 2h30 ! C’est long pour des montagnes russes cinématographiques entre drogues dures, avortement live et zoom sur le fœtus, pénétration gynécologique et endoscopique, copulations mornes et répétitives, etc. Bienvenue chez Gaspar Noé ! Et tout cela pour dire quoi ? pour exprimer quoi ? Pour quel discours amoureux ou social ou sociologique ? Je cherche encore. Je rêverai de trouver un véritable sens à tout cela, quitte à être intrusif et forcer le discours secret et caché d’un créateur. Je ne vois qu’un mouvement qui tourne à vide, autocentré.Ah ! mais, non, pardon, il s’agit d’un discours esthétique dont l’histoire n’est qu’un vague prétexte. Car Gaspar N. a découvert le stromboscope et le cinéma expérimental des années 70 sans oublier quelques installations d’art contemporain des années 80 et 90. C’est chic et toc. Cela n’a pas d’autre sens qu’un formidable exercice d’hallucinations répétitives et mécaniques.Audiard ,vite !La phrase du jour ?« J’ai vu toute ma vie défiler sous mes yeux. C’était d’un ennuyeux ! »Confidence d’une poule élevée en batterie dans « Chicken Run » de Nick Park et Peter Lord

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