En France, 75 000 femmes sont violées chaque année.

Le 25 novembre se déroule la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes. France Télévisions se mobilise pour associer plusieurs de ses chaînes et ses programmes numériques à ce combat.Il ne s’agit pas pour la télévision publique d’y participer seulement ponctuellement, mais de mettre en place, grâce à Internet, un dispositif au long cours pour contribuer à faire reculer les violences faites aux femmes. Cet enjeu est essentiel pour notre société : en France, une femme est violée toutes les huit minutes et souvent le silence s’abat sur elle.

L'interview de Clémantine Autain dans le journal de 13h du 21 novembre 2012

France Télévisions, à l’aide du genre documentaire qui porte haut l’offre alternative que doit affirmer le service public face aux chaînes privées, exerce ainsi ses missions autour d’une question majeure posée à notre société. Dire le viol, en parler, faire reculer la chape de plomb et l’outrageante suspicion pesant sur les victimes à l’aide d’oeuvres singulières, est la façon dont la télévision publique participe à cette bataille, comme, en général, aux débats les plus importants de la Cité.

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Viol, ne plus se taire © Thomas Salva
Sur le web est donc proposé Viol, les voix du silence , un web-documentaire accompagné d’un site d’appel à témoignages ambitieux, qui a vocation à perdurer bien au-delà de la Journée contre les violences faites aux femmes. Sur France 5 est diffusé, le 20 novembre, le documentaire Viol, double peine . Enfin, sur France 2 est programmé, le 25 novembre, le documentaire Viol : elles se manifestent. Ce dispositif est à l’image de ce que peut être un service public fort aux prises avec la société, ses débats, ses combats, et dont l’objectif est de rendre accessibles au plus grand nombre les enjeux d’une question sociale cruciale pour notre pays.

Rémy Pflimlin, Président-directeur général de France Télévisions

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Témoignage de Catherine au micro de Laetitia Saavedra

__ ### **Un documentaire réalisé par Andrea Rawlins. Des femmes dénoncent le viol qu’elles ont subi. Ce documentaire est diffusé dimanche 25 novembre sur France 2 dans une programmation spéciale de la case Infrarouge, lors de la Journée contre les violences faites aux femmes** En moyenne, une toutes les huit minutes. Un chiffre exorbitant, pourtant loin de refléter la réalité, car il ne comptabilise ni les mineures, ni celles, majeures, qui n’ont jamais déclaré le viol qu’elles ont subi. On estime en effet que seulement 10 % des victimes portent plainte. Le viol n’est pas un fait divers, c’est un crime effroyablement banal et massif. Un véritable fléau de société.Et pourtant, le viol est tabou. Comme le dit Clémentine Autain, femme politique, violée à 22 ans : « _On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse. Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs_ . »Il est temps que la honte change de camp. Il est temps que les victimes de viol puissent parler sans risquer les représailles ou la stigmatisation. **Témoignage de Aude au micro de Letitia Saavedra**
Viol, ne plus se taire
Viol, ne plus se taire © Thomas Salva
**Ce film est un manifeste contre le viol.** A l’instar de leurs aînées qui avaient signé le manifeste pour le droit à l’avortement en 1971 – Manifeste des 343 –, aujourd’hui, des centaines de femmes anonymes et connues ont décidé collectivement de briser le silence sur le viol dont elles ont été victimes. Elles sont peut-être votre soeur, votre mère, votre fille, votre compagne, votre collègue de travail…Pour toutes, le dire publiquement, massivement, est un acte politique. Ensemble, elles ont décidé d’avancer à visage découvert pour interpeller les pouvoirs publics et la société tout entière. Objectif : favoriser l’émergence de la parole pour que la loi soit enfin appliquée. C’est à cette condition sine qua non que notre société fera reculer le viol... ### **Diffusé dans Le Monde en face, à l’occasion de la Journée des violences faites aux femmes, ce film dénonce un crime trop souvent ignoré et trop souvent impuni : le viol. Cinq victimes témoignent de leur combat pour être reconnues en tant que telles et faire condamner leur agresseur.** Chacune à sa manière, elles racontent, sans hâte, posément, en cherchant parfois le mot adéquat pour décrire l’horreur. Toutes les cinq, elles racontent, sans fausse pudeur mais avec une retenue certaine, comme si elles hésitaient à trop dire, comme si on pouvait encore leur reprocher de le faire.Pas de cris, pas de sanglots, même si par moments les larmes affleurent et finissent par couler sur leurs visages impassibles.Cinq femmes que rien ne destinait au combat sur l’arène publique témoignent de la bataille qu’elles ont décidé de livrer contre la violence sexuelle ordinaire. **Celle qui touche 75 000 d’entre elles chaque année en France, soit près de 206 par jour !**
Viol, ne plus se taire
Viol, ne plus se taire © Thomas Salva
Des chiffres alarmants qui traduisent la banalité d’un crime, certes puni par la loi, mais qui demeure paradoxalement un immense tabou dans une société où le sexe est pourtant omniprésent. Alors, se battre pour faire reconnaître l’agression et condamner son ou ses auteurs relève le plus souvent du parcours du combattant, voire d’un véritable chemin de croix.Au bout duquel on peut parfois obtenir cette victoire qui permet enfin de se tourner vers l’avenir. Encore faut-il pouvoir briser la loi du silence. Les femmes de ce film y sont toutes parvenues.Agée alors de 21 ans, Audrey vient de quitter le cocon familial et d’emménager dans un studio lorsqu’un inconnu s’introduit chez elle et la viole de façon répétée sous la menace d’un couteau. Partie courir dans la forêt près de chez ses parents, Eve a été frappée et agressée à 19 ans par trois hommes qui lacontraignent au silence également avec une arme blanche.Au-delà de l’horreur des faits, l’une comme l’autre ont craint pour leur vie. Marion et C., elles, font partie des très nombreuses femmes (huit cas sur dix) qui subissent les violences d’un proche ou d’une connaissance. La première n’a que 16 ans et ignore tout des rapports amoureux lorsque son cousin la viole le jour même de son mariage. Elle mettra plusieurs mois avant de pouvoir en parler à ses parents. C. a été forcée par son propre mari. Après des années de mariage et une énième agression, elle s’est enfin résolue à porter plainte contre lui. Quant à Lisa, 22 ans, enceinte de quatre mois et hospitalisée pour une grossesse à risque, elle a été violée par l’interne qui l’a prise en charge aux urgences.Audrey, Marion et Eve ont obtenu la condamnation de leurs violeurs au prix d’une procédure longue et épuisante. Un « enfer » qui a duré dix ans pour Marion et treize pour Eve. C. attend le procès en appel de son époux pour pouvoir reprendre le cours de sa vie. Pour Lisa, le combat ne fait que commencer. **Après la diffusion du documentaire, Carole Gaessler lance le débat avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, et deux autres invités.**
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