Au début des années 70 Anna Karina raconte sur grand écran le délitement d'un couple et nous la suivons dans ses déambulations à Paris, puis à New York. Le film ressort ces jours-ci, comme le témoignage d'une époque et nous donne l'occasion d'évoquer le parcours atypique d'Anna Karina.

Anna Karina
Anna Karina © Getty

Elle doit son nom à Coco Chanel

Chanteuse, mannequin, actrice, Hanne Karin Bayer débarque à Paris en 1957, à tout juste 17 ans. C'est à cette époque là qu'elle croise Coco Chanel qui lui invente son nom, Anna Karina, et qu'elle rencontre Jean-Luc Godard, alors journaliste au Cahiers du Cinéma. 

Pour l'anecdote, elle refuse un petit rôle dans A bout de souffle parce qu'il comprend une scène dénudée. Malgré ce refus, Godard l'épouse et la fera tourner dans une demi douzaine de films.  

Bien que son nom reste inexorablement lié à celui de Godard, Anna Karina a travaillé avec succès avec beaucoup d'autres réalisateurs parmi lesquels Agnès Varda, Luchino Visconti, Jacques Rivette, Raoul Ruiz.

La réalisatrice

En 1973 elle fait ses débuts de réalisatrice avec Vivre ensemble dans lequel elle joue également. 

Tourné en quatre  semaines, avec très peu de moyens, le film est une chronique sentimentale sur la difficulté d’être deux. 

Elle y est Julie, trentenaire désordonnée et fantasque, qui prend doucement le chemin de l’âge adulte. À contre-courant, Alain, qu'interprète Michel Lancelot, refuse, lui, le conformisme et l’ennui. Les personnages entreprennent des trajets contraires, asynchrones, jusqu’au point de divergence absolue.

Le film est une succession d'instants volés et de scènes disparates, une flânerie dans le quartier latin que la jeune réalisatrice justifie ainsi dans la revue "jeune cinéma" en octobre 1973 : 

Dans la vie, on ne se rappelle que des moments

Les scènes d'intérieur ont été tournées dans son triplex que le directeur de la photographie, Claude Agostini, réussit à transformer en studio, faisant de son salon, le plateau et de sa cuisine, la régie.  

Vivre ensemble fut sélectionné par la Semaine de la Critique à Cannes en 1973. 

Le film ressort en version restaurée le 14 février. Une restauration menée à bien grâce, notamment, à une aide du CNC et une campagne de crowdfunding

La chanteuse

En parallèle, Anna Karina poursuit sa carrière de chanteuse.

En 1967, Sous le soleil exactement et Roller Girl sont d'énorme succès. Ces titres de Serge Gainsbourg sont extraits de la comédie musicale Anna de Pierre Koralnik. Elle y chante sept morceaux aux côtés de Serge Gainsbourg et de Jean-Claude Brialy.

Quelques années plus tard, au début des années 80, elle chante au Palace.  

A l'aube des années 2000, elle travaille avec Philippe Katerine sur un album intitulé Une histoire d'amour. Dans la foulée, elle part en tournée dans les principaux festivals en France et à l'étranger.  

Ces dernières années, elle a écrit deux contes musicaux inspiré de son compatriote Hans Christian Andersen : Le vilain petit canard (2010) et La petite sirène (2013)

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