Un film de Nuri Bilge Ceylanavec Haluk Bilginer, Melisa Sözen et Demet Akbağ

Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa soeur Necla qui souffre encore de son récent divorce.En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements...

Winter Sleep par Eva Bettan

Winter sleep , huis-clos psychologique d'une durée de trois heures et seize minutes, se déroulant dans un village d'Anatolie, a remporté la Palme d'or du 67ème Festival de Cannes, un prix que son réalisateur Nuri Bilge Ceylan a aussitôt décerné à la jeunesse de son pays."Je dédie la Palme à la jeunesse turque, à celles et ceux qui ont perdu la vie pendant l'année qui s'est écoulée", a-t-il dit, alors que son pays connaît, depuis un an, de violentes manifestations anti-gouvernementales.Auparavant, il avait souligné que 2014 était la centième année du cinéma turc. "Une très belle coïncidence", s'était-il réjouit. La dernière Palme turque remonte à 1982 avec Yol, la permission du regretté Yılmaz Güney.

Nuri Bilge Ceylan
Nuri Bilge Ceylan ©
Nuri Bilge Ceylan a décidé de tourner ce film en Cappadoce :"_Je me suis inspiré de trois nouvelles de Tchekhov, j’ai ce projet en tête depuis quinze ans. Je ne vous dirai pas quels récits j’ai choisi pour ne pas trop orienter la lecture du film, mais si l’on connaît bien l’oeuvre de l’écrivain, il n’est pas difficile de trouver l’origine. Nous avons beaucoup changé l’histoire, ajouté des choses. Au début nous ne voulions pas tourner en Cappadoce, car l’endroit me semblait trop beau pour ce film-là, mais nous n’avons pas réussi à trouver un hôtel un peu isolé du monde où je pourrais mettre mes personnages à l’écart de la vie courante. En plus, je voulais qu’il y ait quelques touristes dans cet établissement, ce qui est vraisemblable en Cappadoce, où ils viennent même en hiver. Quand nous avons finalement repéré cet endroit nous avons voulu y situer notre histoire, par conséquent, elle a évolué. Le décor, en un sens, a aidé à son changement._ " Une nouvelle fois, le réalisateur a travaillé sur le scénario avec sa femme Ebru : "_Nous écrivons ensemble depuis **Les Climats** . D’abord, nous nous attachons à la construction de l’histoire, puis à la rédaction des dialogues. En fait, chacun s’y met de son côté, puis nous en discutons. Au moment où arrive la décision de choisir tel ou tel dialogue il y a beaucoup de disputes, parfois assez violentes, mais elles nous aident à trancher entre plusieurs options. Le temps de l’écriture est assez court mais le temps de la dispute plus… long !_ " **Le travail avec les comédiens** Buri Bilge Ceylan reconnaît ne pas leur avoir laissé beaucoup de liberté :"_Je voulais qu’ils disent le dialogue tel que nous l’avions écrit. Mais une fois la prise faite, je les laissais improviser pour voir s’ils pouvaient donner autre chose. Mais je constatais que même s’ils ajoutaient des détails pour donner encore plus de naturel, ils ne s’éloignaient pas vraiment du texte. Nous avons passé beaucoup de temps à faire des répétitions filmées dans les décors, pour que je trouve ce que je voulais. Je voyais ensuite si nous pouvions faire mieux_ ."_Extrait de l’entretien paru dans Positif n° 641/642- Juillet/août 2014 - Michel Ciment et Philippe Rouyer_
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