Ça y est. Woody Allen revient. Il revient à son cinéma et à Manhattan. "Whatever works" ne s'oublie pas, contrairement à une partie de ses films précédents. Le cinéaste se pose et dessinne les couleurs de la vie, la sienne, couleurs d'automne donc, en acceptant les derniers rayons du soleil. Son personnage (Larry David) est un universitaire, brillant physicien, passé à côté du Nobel. Un échec dont il ne se remet pas, pas plus de l'ignorance et la médiocrité de ses congénères (il faut le voir traumatiser des enfants à qui il enseigne les échecs !) Quand une jeune fille perdue lui demande de l'héberger, il accepte mais se défoule sur elle, avant de tomber amoureux. Sublime créature en effet, généreuse et dévouée. Comment ne pas craquer face à la jeunesse, l'innocence et la beauté, semble demander le réalisateur ? Le constat de Woody Allen est très simple, voire banal (un cliché ? Tout son film traque les clichés!) : la vie est absurde, elle ne vaut pas la peine d'être vécue (d'ailleurs, le physicien tente de se suicider en se défénestrant mais sans succès. Du coup, il boîte), et pourtant il faut croire à la chance. Il se peut qu'elle se produise, un jour. Ici, elle tombe du ciel avec cette jeune femme blonde qui en s'imposant dans cette vie triste et aigrie provoque une renaissance, voire une frénésie sexuelle chez le moindre protagoniste qui l'approche. Sa mère (l'excellente Patricia Clarkson aperçue dans la sérieSix feet under en tante artiste et junkie) couche avec deux hommes et quitte le tailleur pour la tenue de baba, devenant une photographe recherchée du tout New-York, tandis son père s'aperçoit que sa sexualité peut changer et l'épanouir. A condition... d'accepter ce qu'on est, de se réaliser. Simple comme la vie. Touchant (Woody Allen se dépeint en égocentrique insupportable portant bermuda à carreaux et chaussettes blanches), ce nouveau film émeut par sa justesse et son goût, sa quête du bonheur, malgré les névoses, les accidents et les erreurs. L'amour et le cinéma ont sauvé Woody Allen de sa misanthropie.

La mère : Patricia Clarkson
La mère : Patricia Clarkson © Radio France
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