La World Cinema Foundation est une organisation à but non lucratif qui se consacre à la préservation et à la restauration d’oeuvres essentielles du patrimoine cinématographique mondial.Martin Scorsese en est le président et fondateur."La World Cinema Foundation est un prolongement naturel de mon amour pour les films." Cette fondation a fait naître selon le cinéaste "une conscience de la nécessité de préserver les films."Créée en 1990, la World Cinema Foundation a été créée dans le but d’aider les pays en développement à préserver leurs trésors cinématographiques. "Nous voulons consolider et soutenir le travail des archives internationales, en offrant une aide aux pays qui ne possèdent pas les infrastructures techniques ni les ressources d’archivage nécessaires pour faire ce travail eux-mêmes."De grands noms du cinéma mondial accompagnent Martin Scorsese dans cette tâche : Fatih Akin, Souleymane Cissé, Guillermo Del Toro, Stephen Frears, Alejandro González Iñárritu, Abbas Kiarostami, Raoul Peck, Walter Salles, Abderrahmane Sissako, Elia Suleiman, Bertrand Tavernier, Wim Wenders, Wong Kar-Wai et d’autres...

4 films à (re)découvrir en version restaurée

Les révoltés d'Alvarado

Un film de Fred Zinnemann et Emilio Gómez Muriel (1936)

Alvarado
Alvarado © Radio France

À Alvarado, le poisson fait cruellement défaut et les pêcheurs se trouvent démunis. Indigné, Miro prend la tête d’un mouvement de contestation. Commence alors la révolte des pêcheurs…

"Le premier (et le dernier) film de son genre, Les Révoltés d’Alvarado devait jouer un petit rôle dans le projet du gouvernement mexicain pour éduquer des millions de citoyens illettrés à travers ce gigantesque pays et les sortir de l’isolation. (…) Nous avions recruté pratiquement tous les "acteurs" parmi les pêcheurs locaux, qui n’avaient rien à faire de plus qu’être eux-mêmes. C’étaient des amis formidables et loyaux, travailler avec eux fut une joie…" - Fred ZinnemannEn bonus , un documentaire sur le photographe et réalisateur Paul Strand et son rôle dans la production du film

Le voyage de la Hyène

un film de Djibril Diop Mambety (1973)

le voyage de la hyene
le voyage de la hyene © Radio France

Anta, une jeune fille des quartiers pauvres de Dakar, s’est amourachée de Mory, un gardien de troupeau. Ils s’inventent des histoires pour s’évader et, face à la mer, rêvent de prendre un bateau qui les mènera en France...

"L’histoire du Voyage de la hyène est vieille comme le monde : les hommes sont toujours partis en quête de pays étrangers où le temps ne s’arrête jamais. (…) Ce portrait de la société sénégalaise de 1973 n’est pas très différent de la réalité actuelle. Chaque jour au détroit de Gibraltar, des centaines de jeunes Africains perdent la vie en tentant de rejoindre l’Europe. Qui n’en a jamais entendu parler ?..." - Souleymane CisséEn bonus , Wasis Diop (musicien, frère et collaborateur de Djibril Diop Mambety) et sa fille, Mati Diop (cinéaste), reviennent sur la force tellurique, la clairvoyance, l’énergie et la violence du Voyage de la hyène.

Transes

un film de Ahmed El Maanouni (1981)

transes
transes © Radio France

Nass El Ghiwane est un groupe de musiciens marocains formé au coeur de l’un des quartiers pauvres de Casablanca. Mêlant grands thèmes traditionnels et incantations laïques, leur musique met les foules en transe… "En 1981, je travaillais de nuit sur le montage de La Valse des pantins. La télévision était tout le temps allumée. Un soir, vers deux ou trois heures du matin commence un film intitulé Transes. Ils l’ont passé plusieurs fois, plusieurs nuits. J’ai tout de suite été fasciné par la musique, mais aussi par la façon dont était conçu ce documentaire…" - Martin ScorseseEn bonus , Omar Sayed (membre du groupe Nass El Ghiwane), Ahmed El Maanouni (réalisateur et scénariste) et Izza Génini (productrice) reviennent sur la formidable aventure de Transes, de sa production en 1980 jusqu’à sa restauration, orchestrée en 2007.

La flûte de roseau

un film de Ermek Shinarbaev (1989)

la flute
la flute © Radio France

En 1915, dans la campagne coréenne, un instituteur est pris de rage et assassine la fille d’un vieux paysan. Ce dernier décide de mettre au monde un garçon, Sungu, qu’il élève dans un seul but : la vengeance…

"Au début des années 1940, des centaines de milliers de Coréens qui vivaient en Extrême-Orient russe depuis le XIXe siècle furent chassés par Staline du jour au lendemain. On les considérait comme des traîtres et des ennemis publics. (…) La diaspora coréenne, qui représente plus d’un million de personnes, est un sujet interdit depuis de nombreuses années. La Flûte de roseau est le premier film qui raconte leur tragédie." - Ermek ShinarbaevEn bonus , Le cinéaste kazakh évoque la singularité de son film, tourné en pleine perestroïka d’après un scénario du grand écrivain russe d’origine coréenne, Anatoli Kim.

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