Un film de Panos H. Koutrasavec Kostas Nikouli et Nikos Gelia A la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure.Ce voyage mettra à l’épreuve la force de leurs liens, leur part d’enfance et leur amour des chansons italiennes.

"Ce film est un adieu à ma jeunesse. J’ai ressenti la nécessité de parler de l’adolescence avant qu’il ne soit trop tard.Les années d’adolescence sont les plus intenses que j’ai vécues. En rébellion contre le système, j’avais pour seule trinité le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Je me sentais différent, singulier. Mon homosexualité n’y était sans doute pas pour rien. Entre 14 et 18 ans, j’ai vécu les années les plus cruciales de ma vie. Sans le savoir, tous mes choix et toutes mes décisions de l’époque, que ce soit sur le plan du comportement, de l’amour, des valeurs, de la politique ou des arts, ont eu des incidences, plus ou moins grandes, sur la suite de mon existence. Je trouve que la jeunesse est très belle à filmer et en même temps, je pense qu’en ce moment les jeunes sont ceux qui souffrent le plus. Ils naissent dans un monde hostile et se retrouvent perdus. Je trouve ça émouvant.Par ailleurs, je voulais raconter l’amour qui unit deux frères. La fraternité de sang tout autant que la fraternité spirituelle ont été très importantes dans mon histoire personnelle, particulièrement en tant qu’homosexuel.Enfin, je voulais aborder le sujet des enfants apatrides, dans mon pays où le droit du sang prime sur le droit du sol. Avec l’émergence de l’extrême droite en Grèce et plus largement en Europe, le problème prend des proportions dramatiques. Je suis persuadé que l’immigration est la grande tragédie de notre ère."

Comme souvent, Panos H. Coutras a fait appel à des acteurs professionnels et non professionnels "Le père, la mère et Tassos sont des acteurs professionnels connus en Grèce. Mais pour Ody et Dany, je ne l’ai jamais envisagé. Lorsque je mets en scène des personnages issus d’une minorité qui a sa propre revendication (comme les sourds de Real Life, mon deuxième film, ou bien le transsexuel de Strella, ou encore les deux jeunes immigrés albanais de la deuxième génération de Xenia), c’est pour moi une obligation morale de faire appel à des personnes qui affrontent déjà ce problème et qui peuvent représenter leur communauté. C’est une question de cohérence et de justesse. Je ne fais pas un film à sujet, ni un film militant, mais pour moi le casting est un véritable choix politique.Xenia raconte l’histoire de deux frères albanais, deux jeunes garçons mineurs, qui se découvrent étrangers dans le pays où ils sont nés. En Grèce, 200 000 jeunes correspondent à ce profil ! J’avais la certitude de pouvoir dénicher deux jeunes bourrés de talents pour interpréter les rôles et je les ai trouvés, mais le casting a pris plus d’un an… "

Xenia
Xenia ©
**La mythologie et la tragédie grecques occupent une place importante dans tous les films de Patros H Coutras...** "Je suis Grec et en Grèce, dès l’école primaire, on enseigne la mythologie grecque. Difficile d’y échapper. Néanmoins j’ai toujours le sentiment que la mythologie relève pour moi de la culture populaire plutôt que d’un art noble réservé à un petit groupe."**Et paralèllement, le réalisateur n'nésite pas à mêler la téléréalité aux références les plus nobles de la culture grecque.** "Quand je commence un scénario, je ne me mets pas de limites. J’ai grandi en regardant la télé. Mon enfance a été partagée entre la télévision et la salle du cinéma. J’ai découvert beaucoup de choses à la télé, des films, mais aussi la série Star Trek qui reste une de mes grandes références, et des émissions comme "Canzonissima" où j’ai découvert Patty Pravo. La culture pop et la culture gay constituent ma culture de base. De la téléréalité à Jean Genet, mes références, mon univers, mon langage viennent de là."
Xenia
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