Parmi les secteurs qui ont reçu de plein fouet les conséquences de l'épidémie et du confinement, celui de la culture risque de reprendre son cours le plus tard. En attendant, il existe des solutions pour aider ce secteur à s'en tirer le moins mal possible.

De nombreuses créations peuvent être soutenues sur les plateformes de financement participatif
De nombreuses créations peuvent être soutenues sur les plateformes de financement participatif © Getty / .

Annulations en série, films reportés, concerts annulés, saisons théâtrales finies en avance, été sans festivals : le secteur de la culture traverse très difficilement la période actuelle du confinement. Des centaines de milliers d'artistes et d'intermittents, qui demandent des mesures en leur faveur, des établissements culturels, et des commerces, risquent de se retrouver dans des situations critiques. 

Et ce secteur est, pour l'heure, celui dont la réouverture est la plus incertaine : Édouard Philippe a annoncé que les grands événements ne pourraient pas se dérouler avant le mois de septembre, que les théâtres et cinémas allaient rester fermés au moins jusqu'à début juin. Seuls les commerces et les bibliothèques seront ouverts à partir du 11 mai, date de début du déconfinement. 

Face à cette situation, France Inter dédie ce mardi sa journée au monde de la culture, en signe de soutien. Voici cinq choses que vous pouvez faire, pendant le confinement ou au début du déconfinement, pour aider le secteur.

Participer aux initiatives en ligne

Rejoignez les artistes en ligne ou à la télé ! C'est une mesure qui ne vous coûtera pas grand-chose, qui ne rapportera pas d'argent au monde de la culture, mais symboliquement, elle permet aux théâtres, aux musées, aux salles de concert, et aux artistes qui les remplissent habituellement, de continuer à exister. 

Les initiatives ne manquent pas, comme celle par exemple de la Comédie Française, qui offre une partie de ses grandes pièces aux téléspectateurs sur France 5 dans les soirées "Au Théâtre Chez Soi", et sur son propre site "La Comédie continue". De très nombreuses autres institutions, de l'Opéra-Comique à l'Opéra Bastille en passant par le Cirque du Soleil, ont mis à disposition des captations de leurs spectacles. 

Conserver votre place de spectacle annulé

Depuis le début du confinement, les appels se sont multipliés, avec les mots-clé #JeGardeMaPlace (ou en anglais #DonateYourTicket). L'idée est simple : en signe de solidarité, en cas de spectacle annulé, les institutions appellent à ne pas demander le remboursement, pour ne pas que les salles de spectacle soient brutalement affectées financièrement par les déprogrammations. Elles ne peuvent évidemment pas refuser un remboursement, mais appellent à un geste de solidarité qui viendra s'ajouter aux aides promises par les autorités. Ces aides, beaucoup d'acteurs du secteur les jugent insuffisantes, certaines institutions ont donc décidé de continuer à payer leurs équipes et surtout les intermittents qui devaient y jouer, comme le Centre Dramatique de Rouen. 

Commander en librairie, faire revivre les bibliothèques

Les commandes de livres se sont développées depuis la mi-mars. Mais plutôt que de commander sur de grandes plateformes de e-commerce, pourquoi ne pas vous renseigner auprès de votre libraire ? Pendant le confinement, une partie d'entre eux ont continué à assurer un service de vente de livres, à condition de commander le livre à l'avance et de venir le chercher à l'entrée du point de vente, à la façon d'un "drive". 

Le 11 mai, les librairies pourront rouvrir… mais aussi les bibliothèques. Là encore, certaines devront appliquer un service de réservation pour ne pas exposer leur personnel et leurs visiteurs au virus. Mais comme pour les librairies, chercher votre livre dans une bibliothèque plutôt que le commander en ligne avec livraison à domicile peut être une bonne solution pour soutenir le secteur. 

Financez la création en amont

Sur les plateformes de financement participatif, vous trouverez sûrement les projets qu'il vous plaira demain de tenir entre vos mains. Projets de films, théâtre, danse, projets musicaux,  ou bande dessinée, les œuvres de demain vous tendent les bras et vous promettent des exclus, des éditions rien que pour vous. C'est un bon moyen de s'engager. 

Sur KisskissBankbank vous  pourrez même sauver Envie de lire, la plus ancienne librairie coopérative de l'hexagone. Des projets de bande dessinée y ont remporté un succès certain ces jours-ci. C'est le cas de l'appel à participation pour éditer richement Murky World de l'auteur américain Richard CORBEN, en avant-première. 

C'est le cas aussi pour Zap Comix, projet underground fondé par Robert Crumb, et porté par  les éditions Stara. Ce monument de la contre-culture sera ainsi disponible en français, et la maison Stara confortée dans ses projets éditoriaux exigeants. Si vous allez sur Ulule, autre plateforme de crowdfunding, vous verrez que des spectacles se préparent pour l'automne, de Conques à Bastia en passant par la Bretagne, et vous pourrez contribuer à leur éclosion. 

Achetez une oeuvre contemporaine (si vous en avez les moyens)

Les musées, les galeries d'art, et les artistes visuels, ont quant à eux investis Instagram, faisant du réseau social une grande galerie d'art virtuelle, où vous pourrez autant découvrir les expositions qui ont fermé leurs portes au début du confinement que des œuvres conçues pour l'occasion.

Dans le milieu des arts plastiques ou de la photographies, la situation est compliquée. Pas d'expositions possibles jusqu’à présent, des collectionneurs d'art privés de grandes foires, les artistes reprennent l'initiative. Ils ont pour certains contribué à l'effort collectif, en organisant des ventes d’œuvres au profit de la fondation des Hôpitaux de Paris par exemple ou pour la lutte contre le virus en général.

Mais vous pouvez aussi faire quelque chose pour eux. Suivez l'opération #lesamisdesartistes. Il s'agit d'une action solidaire en direction des artistes et également entre les artistes, un projet de vente via les réseaux sociaux Instagram, et Facebook. Dans ce cadre, 70% des recettes reviennent aux artistes en direct, 30% vont à des associations qui soutiennent des artistes. La viralité de cette action sur le web en seulement quelques jours en fait déjà tout son succès !

Autre opération pour aider les créateurs : une vente aux enchères en ligne #soutiensUnArtiste. Elle a lieu jusqu’à mercredi 15h. Vous pouvez acheter les œuvres d'artistes solidaires avec les plus précaires et les œuvres d'artistes qui ont un besoin urgent de faire rentrer un peu d’argent. Environ 450 œuvres seront présentées sur le site rouillac.com.

À Paris, les galeristes préparent aussi plusieurs initiatives. Du 23 mai au 14 août la galerie Perrotin invite 26 galeries parisiennes à présenter une sélection de leurs artistes. Quatre présentations consécutives par groupes de 6 ou 7 galeries, d’une durée de deux semaines chacune, seront à découvrir à l'espace Saint-Claude. "Avec cette initiative nous voulons célébrer l’importance d’expérimenter en réel les œuvres d’art" explique-t-on chez Perrotin.

Par ailleurs, l’association Paris Gallery MAP liste et met en valeur une sélection de galeries qui compte aujourd’hui plus de 80 membres. Du 2 au 5 juillet, le Paris Gallery Weekend réunira une cinquantaine de professionnels. Derrière le galeriste, un ou une artiste espère. 

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