C'est le feuilleton spatial du moment. La sonde Osiris-Rex a parfaitement réussi sa collecte de poussières d'astéroïdes, mais ensuite, elle s'est mise à perdre son précieux chargement. La NASA en urgence est parvenue à sauver la mission.

La manœuvre d'aspiration des graviers du sol de l’astéroïde Bennu par la sonde Osiris-Rex
La manœuvre d'aspiration des graviers du sol de l’astéroïde Bennu par la sonde Osiris-Rex © NASA / Goddard / University of Arizona / Lockheed Martin

Vous voyez la scène : départ en vacances, entre les valises, le ballon de plage, les transats et la canne à pêche, le coffre ne ferme pas. On claque la portière mais rien n'y fait... 

La NASA, victime d'une collecte trop réussie, s'est retrouvée confrontée au même problème. Au lendemain de la manœuvre d'aspiration des graviers du sol de Bennu (un astéroïde découvert en 1999 ayant un diamètre d'environ 500 mètres et décrivant une orbite de 1,2 an autour du Soleil), le bras s'est retiré et la sonde s'est éloignée, mais sur les images, des points brillants sont apparus. Le chargement de cailloux était en train de  fuir... Un scénario digne d'Hollywood dont les scientifiques et ingénieurs se seraient bien passés d'autant que toute la mission est centrée sur cette collecte et uniquement la collecte. 

À 320 millions de kilomètres de la Terre, la NASA a lancé une procédure d'urgence qui semble avoir fonctionné. Elle a décidé de  sauter l'étape de la pesée (celle-ci consistait par inertie à faire tourner le bras avec la sonde à vide, puis à plein, afin d'en déduire le poids de graviers récoltés) pour passer au transfert du conteneur dans les entrailles d'Osiris Rex. "On n'a plus aucune inquiétude" rassure Patrick Michel, astronome de l'observatoire de la Cote d'azur, impliqué dans la mission. "L'opération était délicate mais on a réussi à rétracter le bras au bout duquel se trouve le cylindre d'échantillon et il s'est correctement inséré dans la capsule". Maintenant on est confiant sur le fait d'avoir de beaux échantillons. 

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Une structure très surprenante pour ces graviers

Quelle quantité d'astéroïdes reste t-il après cette perte du chargement ? L'équipe d'Osiris REx ne peut que s'en faire une idée. Il n'y a aucun moyen de savoir précisément à ce jour. "On pense qu'on a récolté bien plus que les 60 grammes initiaux fixés, donc comme il semble qu'on a perdu quelques dizaines de grammes, et qu'on a peut-être pris plusieurs centaines de grammes, _on est confiant d'avoir une belle quantité_" ajoute t-il. La structure est des plus surprenantes: "on a l'impression d’extrêmement fragile. Des rochers qui se comportent comme du sable" précise le chercheur. Même si les images à distance de la sonde donnaient l'impression de résistance, de solidité, lorsque le collecteur est arrivé, il s'est enfoncé, ce qui était inattendu. Pour Patrick Michel, "C'est une bonne démonstration de l'intérêt de récolter, de toucher le matériau de l'astéroïde". 

Difficile de comparer ces graviers à un matériau connu sur terre. La cohésion sur l’astéroïde pourrait ne pas perdurer avec la gravité terrestre. D'ailleurs, il n'est pas exclu que dans le conteneur, ce soit de la poudre et non plus des petits cailloux que les géologues retrouvent à l'arrivée en 2023. La sonde Osiris-Rex doit larguer son chargement dans l’Utah. Pendant que les laboratoires entameront l'analyse de ce matériau extra terrestre de 4, 5 milliards d'années, la sonde pourrait poursuivre son périple La NASA envisage une extension de la mission, avec dans un premier temps le survol d'un objet de type L de 800 mètres de diamètre (type très mal connu) puis dans un deuxième temps de tenter le rendez-vous avec un petit astéroïde de 30 m de diamètre tournant sur lui-même en 10 minutes...