La grève se poursuit à l'Opéra de Paris comme à la Comédie Française, deux institutions mobilisées contre la réforme des retraites depuis le début du mouvement. Musiciens, danseurs, techniciens veulent sauvegarder leur régime spécifique, au prix d'un blocage historique des représentations.

Les musiciens grévistes de l'orchestre National de l'Opéra de Paris donnent un concert sur les marches de l'établissement le 31 décembre dernier, pour protester contre la réforme des retraites.
Les musiciens grévistes de l'orchestre National de l'Opéra de Paris donnent un concert sur les marches de l'établissement le 31 décembre dernier, pour protester contre la réforme des retraites. © AFP / KARINE PIERRE / HANS LUCAS

À la Comédie française, le mouvement entamé début décembre n'a pas faibli : les représentations ont repris le 1er janvier dernier, mais avec un nouveau préavis de grève déposé pour ce jeudi 9 janvier par la CGT- spectacle. Au cœur de l'Opéra de Paris, le personnel de chaque corporation reste mobilisé, et les musiciens ont même donné un concert sur les marches de l'Opéra Bastille le 31 décembre. 

Pourtant, avec près de 63 représentations annulées à ce jour, l'Opéra de Paris connait le pire blocage de son histoire : selon la direction, le bilan de cette grève s'élèverait à plus de 12 millions d'euros de perte. Cette semaine , les syndicats ont donc eux aussi rendez -vous avec la direction et le ministère de la culture pour évoquer une sortie de crise.

Devant les marches de l'opéra Bastille, la foule s'est massé face aux musiciens grévistes venus donner un concert surprise
Devant les marches de l'opéra Bastille, la foule s'est massé face aux musiciens grévistes venus donner un concert surprise © Radio France / Isabel Pasquier

Les danseurs, dont la mobilisation est exceptionnelle, et qui avaient déjà donné eux aussi une représentation gratuite sur le parvis de l'Opéra Garnier, veulent conserver leur droit à la retraite à 42 ans, droit de leur régime spécial établi sous Louis XIV en raison de la pénibilité du métier, des blessures et de l'incapacité à rester à un niveau d'excellence après cet âge limite, ainsi que leur difficile reconversion. Ces derniers, comme les musiciens, refusent aussi la "clause du grand père", qui n'appliquerait la réforme qu'aux danseurs recrutés après 2022.

"S'il n'y a plus ces petites compensations du rythme de travail que l'on a, les danseurs, les musiciens partiront à l'étranger", estime Émilie Belaud, violoniste, alors qu'en coulisses, malgré les incertitudes, tout le monde a repris les répétitions pour le prochain rendez-vous avec le public, "Le Barbier de Séville", programmé le 11 janvier :

"64 ans ! On ne va pas se leurrer, on se demande tous comment on va finir notre carrière : il y a une perte musculaire, une perte de niveau. On demande d'avoir le droit de protéger l'excellence française"

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.