Les mesures sanitaires réduisent les commémorations des attentats de Paris et Saint-Denis au minimum. Pour ce cinquième anniversaire, seuls les présidents des associations seront présents. Marie et Stéphane, otages au Bataclan le soir du 13 novembre 2015, n'imaginent pas être séparés de leurs amis en cette journée.

Pour la première fois, depuis 5 ans, les victimes du 13 novembre ne pourront pas participer aux commémorations
Pour la première fois, depuis 5 ans, les victimes du 13 novembre ne pourront pas participer aux commémorations © AFP / Stéphane de SAKUTIN

Ils sont devenus une bande de "potages" (ndlr : contraction de potes et otages) depuis ce soir du 13 novembre 2015. Pendant 2h30, une dizaine de personnes avait été retenue au premier étage de la salle de concert du Bataclan par deux des terroristes, avant d'être libérés par les forces de l'ordre, sans qu'il n'y ait de blessés graves. Depuis, la plupart d'entre eux sont devenus amis, liés de façon indéfectible, "presque charnelle vu l'intensité et la violence de ce qu'on a vécu ce soir-là. On s'est tellement serrés les coudes ce soir-là qu'on est restés collés", explique Marie, qui d'ordinaire pose sa journée, mais travaillera le matin cette fois-ci. La jeune femme explique que les commémorations sont un moyen de jalonner le 13-Novembre de repères, bien posés, qui permettent de se laisser porter, dans une sorte de rituel réconfortant.

"Il faut qu'on voit des gens qui nous comprennent sans qu'on se parle"

Les victimes du 13-Novembre ont reçu les invitations aux commémorations par la mairie de Paris, alors que le confinement était déjà en vigueur, avant d'avoir le contre-ordre une semaine plus tard. Marie et Stéphane, ex-otage lui aussi, comprennent parfaitement les mesures sanitaires, même si elles sont frustrantes et décevantes. "Ce qui est important, c'est que le recueillement officiel soit maintenu, même si c'est infime", explique Marie. "Mais on a besoin de se voir, surtout le 13 novembre, c'est impensable de rester seul dans son coin. Il faut qu'on voit du monde, et si possible des gens qui nous comprennent sans qu'on ait besoin de parler". 

"Ce qui est dommage, c'est de ne pas pouvoir se retrouver avec le grand cercle des victimes du Stade de France, des terrasses et du Bataclan", ajoute Stéphane, pour qui les commémorations officielles permettent aussi d'aller saluer les hommes de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI) qui les ont sortis du couloir étroit du Bataclan. "Il y a ce besoin de nous retrouver, nous ; mais il y a aussi celui de rendre hommage à ceux qui sont restés là-bas, et ça ce n'est possible que devant le Bataclan, même si ça ne doit durer que cinq minutes".

Un anniversaire chargé en symbolique

Ce 13 novembre en confinement est d'autant plus difficile à vivre pour les victimes qu'il marque le cinquième anniversaire des attentats et tombe, comme en 2015, un vendredi. "Avec cette symbolique, on revit, cette semaine, les choses de manière plus fortes que lors des années précédentes" confie Marie, qui avait passé 2h30 face aux terroristes, avec une dizaine d'autres otages, au premier étage du Bataclan. "D'autant qu'on est en plus en plein dans le procès des attentats de janvier 2015, et que les attentats à Conflans-Saint-Honorine, Nice et Vienne nous remettent la tête dans le seau", ajoute Stéphane, ex-otage du Bataclan également.

Des commémorations réduites au minimum

Cette année, les commémorations des attaques perpétrées à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 se font en petit comité en raison du contexte sanitaire. Anne Hidalgo, maire de Paris, Mathieu Hannotin, maire de Saint-Denis, ainsi que Jean Castex le Premier ministre, accompagné de Gérald Darmanin (Intérieur) et Eric Dupont-Moretti (Justice) se recueillent dans la matinée sur les lieux des attaques, aux côtés des présidents des associations de victimes et proches de victimes, "Life for Paris" et "Fraternité et Vérité". 

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Par ailleurs, le groupe Queens of The Stone Age propose à 18h un concert en direct diffusé sur YouTube, avec un appel aux dons pour les associations de familles de victimes.