À l'heure où la vie reprend dans les lieux publics, tour du monde du déconfinement. Depuis le mardi 5 mai, les habitants de Milan peuvent de nouveau se rendre dans les cimetières de la capitale de la Lombardie pour se recueillir et fleurir les tombes de leurs proches.

Dans le Cimetière majeur de Milan, le plus grand de la ville, il a fallu aménager de vastes zones pour accueillir les morts du coronavirus.
Dans le Cimetière majeur de Milan, le plus grand de la ville, il a fallu aménager de vastes zones pour accueillir les morts du coronavirus. © Radio France / Omar Ouhamane

1. Un cimetière hors norme

Le Cimitero Maggiore di Milano est le plus grand cimetière de Milan. Ouvert depuis 1895, il s'étend sur 67,8 hectares.
Le Cimitero Maggiore di Milano est le plus grand cimetière de Milan. Ouvert depuis 1895, il s'étend sur 67,8 hectares. © Radio France / Omar Ouhamane

Situé au nord-ouest de Milan, le Cimetière majeur de Milan est le plus grand de la ville. Le site est si grand que pour s'y déplacer, il faut emprunter une navette. 70 hectares, dans lesquels, à plusieurs endroits, de nouveaux carrés ont vu le jour : des espaces dédiés aux victimes du coronavirus.

2. Des funérailles sans cérémonie

Le "Campo 87" a été aménagé pour gérer l'urgence liée au Covid-19.
Le "Campo 87" a été aménagé pour gérer l'urgence liée au Covid-19. © Radio France / Omar Ouhamane

Avec plus de 15 000 décès imputés au coronavirus, la Lombardie paie un lourd tribut à la pandémie. Au Cimetière majeur, il a fallu trouver de la place et organiser l'accueil soutenu des dépouilles. La zone 87, facilement reconnaissable à ses petites croix blanches parfaitement alignées devant des fosses creusées au pelleteuse, a été crée pour l'occasion.

3. Le début du travail de deuil

Leur fils est décédé d'une crise cardiaque il y a cinq ans. Il avait 20 ans. Avant l'épidémie, le couple venait tous les jours fleurir sa tombe. Sa mère raconte qu'elle a eu le sentiment d'avoir abandonné son fils.
Leur fils est décédé d'une crise cardiaque il y a cinq ans. Il avait 20 ans. Avant l'épidémie, le couple venait tous les jours fleurir sa tombe. Sa mère raconte qu'elle a eu le sentiment d'avoir abandonné son fils. © Radio France / Omar Ouhamane

Après plus de deux mois de confinement, les Milanais sont soulagés de pouvoir se rendre au cimetière majeur pour se recueillir sur les tombes de leurs proches, dont beaucoup sont décédés pendant la crise sanitaire. Sa réouverture a été demandée par les familles pour des raisons d'humanité, car à la douleur de la perte de proches est venue s’ajouter celle de deuils difficiles sans funérailles ni cérémonie.

En témoigne Elena, étudiante, 26 ans, rencontrée dans les allées du cimetière, munie d'une attestation, qui reste obligatoire pour se déplacer :

"Notre grand-mère est morte il y a un mois du coronavirus. On a dû attendre que le cimetière rouvre ses portes pour venir la saluer, ce qu’on n’a pas pu faire avant. Et le plus triste c’est de savoir qu’elle est partie seule, sans personne autour elle."

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