À l’heure où la vie a repris en Chine, le premier pays touché par le nouveau coronavirus s’est lancé dans une course au vaccin. Cinq traitements sont en phase d'essais cliniques sur l'homme dans des laboratoires choisis. Comme celui de Changping, dans la grande banlieue de Pékin.

La Chine pourrait commercialiser un vaccin dès la fin 2020 ou début 2021. L'un des cinq traitements aujourd'hui évalués dans cinq laboratoires différents.
La Chine pourrait commercialiser un vaccin dès la fin 2020 ou début 2021. L'un des cinq traitements aujourd'hui évalués dans cinq laboratoires différents. © AFP / ZHANG YUWEI / XINHUA

1. La mobilisation d'une "Biotech" de premier plan

Sinovac Biotech est l’un des laboratoires chinois autorisés à faire des essais cliniques de vaccins contre le coronavirus.
Sinovac Biotech est l’un des laboratoires chinois autorisés à faire des essais cliniques de vaccins contre le coronavirus. © Radio France / Dominique André

Au delà du sixième périphérique de la capitale chinoise, dans le vaste complexe pharmaceutique Sinovac Biotech, des équipes travaillent jour et nuit. Le laboratoire pharmaceutique coté au Nasdaq, la Bourse américaine des valeurs technologiques, se concentre sur un vaccin contre le coronavirus.

Dans ce groupe privé, connu pour avoir été le premier au monde à vendre, en 2009, un vaccin contre la fièvre porcine H1N1, le traitement expérimental est en phase II – elle vise à démontrer l’efficacité du traitement et définir la dose optimale – depuis le début du mois de mai.

Parallèlement, Sinovac Biotech, qui travaille en collaboration avec un laboratoire de type P3, a démarré la construction d’une base de fabrication des vaccins.

2. Des essais cliniques au pas de charge

Sinovac prépare la troisième phase d'essais cliniques, qui doit permettre de comparer l’efficacité du nouveau médicament à un placebo.
Sinovac prépare la troisième phase d'essais cliniques, qui doit permettre de comparer l’efficacité du nouveau médicament à un placebo. © AFP / ZHANG YUWEI / XINHUA

"En raison de l’urgence de la situation, [Sinovac Biotech] fait des essais simultanés sur les souris et les singes [dans le cadre de la phase I, qui vise à cerner la toxicité de traitement, ndlr]. Ça nous fait gagner du temps, mais les coûts sont plus importants", explique l’un des directeurs du groupe, Peu Cheng.

Il y a 600 volontaires dans la deuxième phase d’essais cliniques, sur l’homme. Nous allons bientôt démarrer l’essai sur des personnes âgées, des jeunes et des enfants.

"Nous sommes en train de parler de la troisième phase d'essais cliniques [il s'agit de comparer l’efficacité du nouveau médicament au placebo ou à un médicament de  référence s’il existe, NDLR] avec l’OMS et des pays étrangers. Nous négocions en Asie, en Amérique du Sud, en Europe." Le Vieux Continent, où Sinovac aimerait lancer cette phase préalable à une éventuelle mise sur le marché.

3. Un objectif de très court terme

Le vaccin expérimental Coronavac, à base de pathogènes inertes. Sinovac Biotech espère en commercialiser 100 millions de doses.
Le vaccin expérimental Coronavac, à base de pathogènes inertes. Sinovac Biotech espère en commercialiser 100 millions de doses. © Radio France / ZHANG YUWEI / XINHUA

La Chine pourrait commercialiser un vaccin dès la fin 2020 ou début 2021. L’annonce a été faite il y a quelques jours sur les réseaux sociaux par un organisme gouvernemental, la SASAC (commission d’administration et de supervision des actifs publics).

Un éventuel vaccin nécessite des collaborations avec des partenaires étrangers pour que la production de doses soit suffisante  à l’échelle de la population mondiale. Mais être le premier pays à commercialiser un vaccin serait une victoire pour la Chine, où la pandémie de Covid-19 a commencé.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.