Alors que Rock en Seine annonce aujourd'hui une version de son festival adaptée aux règles sanitaires, voici cinq autres événements musicaux qui ont tenté de se réinventer face au Covid-19. Version réduite, cyberfestival, direct à la télévision, réseaux sociaux... Les idées ne manquent pas pour éviter l'annulation.

L'année dernière, le festival Rock en Seine a accueilli 100 000 spectateurs, contre 1 500 autorisés cette année
L'année dernière, le festival Rock en Seine a accueilli 100 000 spectateurs, contre 1 500 autorisés cette année © AFP

Cet été, oubliez les concerts, festivals et autres spectacles musicaux aux centaines de milliers de spectateurs. À causes des mesures sanitaires liées au coronavirus, de nombreux événements publics ont dû être annulés. Mais certains ont choisi de se maintenir malgré tout et donc, de s'adapter. 

Ce vendredi, c'est le festival Rock en Seine, dont la 18ème édition n'aura pas lieu, qui révèle comment il a réussi à se maintenir. Le jeudi 27 août, il accueillera le "Festival des Festivals" : le temps d'une soirée, 1 500 personnes maximum seront autorisées à venir écouter une vingtaine d’artistes de la scène musicale française au Domaine national de Saint-Cloud. Au programme : Catherine Ringer, Alain Souchon, Hatik, Jeanne Added, Benjamin Biolay, Christine and The Queens, Pomme, Camelia Jordana, Philippe Katerine, Dadju ou encore Calogero. Pour ceux qui ne seront pas sur place, le show sera diffusé sur France 2, France.tv et France Inter, en direct, puis rediffusé sur TV5 Monde.

Rock en Seine n'est pas le seul à s'être adapté à cette situation particulière. Voici cinq événements qui ont dû faire preuve d'imagination pour se maintenir, contre vents et Covid.

Tomorrowland

C'était une édition 100% numérique cette année pour le célèbre festival de musique électronique. Alors qu'habituellement, 400 000 festivaliers se déplacent sur le site de Boom en Belgique, ils ont suivi pour la première fois les concerts derrière leurs écrans d'ordinateurs. Baptisé "Tomorrowland Around the World", le festival virtuel a eu lieu les 25 et 26 juillet derniers et a attiré plus d’un million d’internautes sur le site internet du festival, selon les organisateurs.

Ces derniers ont créé une version fictive de leur univers avec une île, Papilionem, où les amateurs pouvaient choisir entre 8 scènes différentes. Plus de 60 artistes ont participé à l’événement, dont David Guetta, Martin Garrix, Like Mike et Steve Aoki et Katy Perry. Les concerts avaient préalablement été enregistrés dans des studios à travers le monde.

Le Brive Festival

Lui aussi a misé sur le numérique. Le festival de musique Brive Festival ayant été annulé, s'est tourné vers le réseaux sociaux pour se produire du 23 au 26 juillet. En partenariat avec le Conseil départemental de la Corrèze, les organisateurs ont proposé des concerts dans des lieux insolites du département. Les artistes, des locaux, faisaient partie de ceux qui auraient dû assurer des premières parties du vrai festival. Les concerts ont été filmés avec un drone et diffusés sur les réseaux sociaux du festival.

De plus, les chaînes CStar et France 3 ont retransmis quelques best-of du show. Et dans la ville de Brive, des animations en "off" étaient prévues chaque soir dans des bars.

We Love Green

Avec lui aussi une version en ligne de son spectacle, le festival We Love Green est allé encore plus loin en lançant sa chaîne : We Love Green TV. Les organisateurs y proposaient, à partir d'un plan interactif de l'événement, toutes les activités normalement prévues au Bois de Vincennes du 3 au 7 juin. 

L'internaute pouvait déambuler dans les allées, regarder le concert de Lous and the Yakuza ou de Chrystal Murray, assister à la conférence de l'astrophysicien Aurélien Barreau, participer aux activités de l'espace dédiés aux enfants, passer commande dans les restaurants du festival, visiter le backstage, etc. Contrairement aux événements retransmis en direct, le but de la We Love Green TV était de rendre l'utilisateur actif et libre. Une formule que souhaite faire perdurer le festival en gardant sa chaîne à l'année.

Le Festival de Saintes

Le festival international de musique classique de Saintes, qui se déroule normalement à la mi-juillet pendant une dizaine de jours, a lui aussi décidé de se maintenir. Au lieu de la trentaine de concerts prévus, comme chaque année, dans la ville de Saintes et ses alentours, ce sont neuf concerts qui ont eu lieu du 18 au 25 juillet, tous à l'Abbaye aux Dames.

Les musiciens physiquement présents à Saintes ont joué dans l'abbatiale tandis que le son et l'image étaient captés et diffusés de plusieurs manières : avec un casque en son binaural dans un transat, sur grand écran dans les jardins de l’Abbaye, dans le cadre d’une retransmission en EHPAD, sur les réseaux sociaux, hors les murs de l’Abbaye dans les villages alentour, mais aussi sur France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Le Delta festival

Cette année, ne parlez pas du Delta Festival. Le festival de musique marseillais a été remplacé par une version réduite : le Alpha Festival. Pour les organisateurs, il était hors de question d'annuler. Ce sera donc seulement 5 000 personnes par jour qui seront accueillies, au lieu des 80 000 attendues sur les trois jours. Initialement prévu du 3 au 5 juillet, le Delta Festival avait déjà été reporté du 25 au 27 septembre.

Deux scènes sur trois et 80% de la programmation est maintenue. Le rappeur Roméo Elvis et le DJ Bob Sinclar feront office de tête d'affiche. Mais si l'Alpha Festival affirme vouloir garder son ADN, la foule quant à elle devra sûrement garder son masque. Malgré le nombre réduit de visiteurs, les consignes sanitaires sont strictes : des sens de circulation pour éviter les rapprochements physiques et, au milieu des bars classiques, des bars à... gel hydroalcoolique !

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