Elle est venue nous présenter son nouvel album "Wanderer" en exclusivité avant sa seule date française à l'Olympia. La vagabonde Cat Power a fait fondre les cœurs du studio 105, en donnant une prestation sublime.

C'est une Chan Marshall apaisée qui a présenté "Wanderer" au studio 105
C'est une Chan Marshall apaisée qui a présenté "Wanderer" au studio 105 © Radio France / Lucie Marsaud

Pour Wanderer, elle a choisi le retour à une simplicité qui la protège : une guitare, un piano et sa voix parfois démultipliée. Elle y fait le récit de sa vie d'américaine qui a 46 ans. "Tu me connais plus que tu ne crois" chante-t-elle sur Woman, le single de l'album qu'elle chante en duo avec Lana Del Rey. 

Et c'est vrai que depuis ses débuts où elle s'imposa rapidement comme la figure féminine de l'indie-rock américain jusqu'à l'explosion The Greatest, qui la vit quelque peu perdre pied et décrocher le statut d'icône, Chan Marshall partage avec nous ses douleurs et ses émotions les plus vives. 

🎧 Ce concert est disponible pendant 15 jours à la réécoute

Elle est entrée sur scène vêtue de noir, comme à son habitude, tenant en sa main un morceau d'encens à moitié consumé. Une fois de plus elle n'a pas dérogé à la règle et nous a fait pénétrer dans son univers dépouillé de la manière la plus douce possible, sans jamais nous lâcher. 

Cat Power, le retour de la frange, le sourire aux lèvres
Cat Power, le retour de la frange, le sourire aux lèvres © Radio France / Thierry Dupin

Elle confiait juste avant de monter sur scène au micro de Rebecca Manzoni que brûler de l'encens faisait partie de son petit rituel d'avant scène, ça et danser sur du Michael Jackson. N'y a-t-il pas meilleure allégorie de la dualité de Cat Power, tantôt mystérieuse, tantôt démonstrative ? 

Qu'il est réconfortant de la retrouver, avec ces bras qu'elle balance nerveusement, ce corps dont on a l'impression qu'elle ne sait que faire, et qui nous captive. Entre les morceaux, elle s'inquiète parfois de ses retours. Et s'en explique d'ailleurs franchement, jamais avare de faire ressortir le clown qui sommeille en elle :

Je ne fais pas de balances, parce que comme ça c’est exactement le genre de problème que j’ai maintenant

Le léger voile qui, avec les années, s'est posé sur sa voix n'altère en rien sa présence, et sa façon de nous suspendre à l'émotion qu'elle dégage. 

"Je m'en vais, le bien est arrivé" nous chante-elle sur Me Voy, comme pour nous dire définitivement que sa détresse du passé est loin derrière elle. Et qu'il faut rester auprès d'elle pour constater comme elle va mieux. 

Passer un moment avec Cat Power, c'est embrasser pleinement l'idée qu'on ignore ce qu'il va se produire. Elle a, par le passé, réservé quelques mauvaises surprises à son assistance. Au studio 105, le public a eu le privilège d'assister à une renaissance. Et ils sont tous debout à la fin pour rendre hommage et lui dire à quel point elle leur a manqué. 

Chan Marshall choisit de prolonger le concert en interprétant un dernier morceau supplémentaire Good Woman. 

Je veux être une bonne femme, c'est pour ça que je pars ♫

Comme à son habitude, Chan Marshall n'a pas l'air de contrôler tout ce qui se passe, et ceci pour notre plus grand plaisir. On saisit avec elle l'instant qui passe, en attendant la prochaine. Avant de rejoindre Rebecca Manzoni pour quelques minutes d'interview, elle lancera ces mots balbutiés en français "Merci, vive la résistance !".

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Setlist

  1. Cross Bones Style
  2. Pa Pa Power
  3. Robbin Hood
  4. Me Voy
  5. In Your Face
  6. Woman
  7. Great Waves
  8. Nico / Song to Bobby
  9. Manhattan
  10. Wanderer
  11. Good Woman
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