Sébastien Pelka, patron de la start up Direct-Market défend un système de circuit court entre producteurs et commerçants, pour que tous puissent continuer à travailler. Le confinement a confirmé son intuition sur ce système, et un développement important s'annonce pour l'automne.

Sébastien Pelka
Sébastien Pelka © Radio France / CS

Sébastien Pelka, 48 ans, vit près de Strasbourg avec sa femme et ses deux enfants dans un havre de nature. Pourtant c'est au sortir d'un  train qu'on le rencontre plus facilement, car il est souvent entre deux rendez-vous et en visite dans les locaux parisiens de sa société. 

Ex-spécialiste de la grande distribution, il a lancé un nouveau concept pour développer le circuits court avec les producteurs agricoles en Île-de-France. Pour lui le circuit court ce n'est pas le lien direct entre agriculteur et consommateur, pas assez écolo. Avec sa petite entreprise de 7 personnes, il propose un système qui facilite grandement la vente directe pour les producteurs, un circuit de préparation des commandes, acheminement, facturation, et retour de trésorerie entre producteurs et commerçants, car cela maintien le système économique de chacun. "On n'ubérise pas, il faut absolument éviter ses systèmes avec des livraisons pour particulier".   

Les récoltes des agriculteurs arrivent directement dans les commerces et grandes surfaces près de chez eux par l'intermédiaire de Direct Market
Les récoltes des agriculteurs arrivent directement dans les commerces et grandes surfaces près de chez eux par l'intermédiaire de Direct Market / Direct Market

L’empreinte de la crise du coronavirus :  Participant au secteur de l'alimentation, Sébastien Pelka et son équipe de Direct-Market ont fait face "à un surcroît d'activité". "Nous avons du aider les producteurs à s'adapter à l'arrêt de la restauration collective, par exemple. Autre exemple, aider un producteur d’œufs à reconditionner ses produits en boites de 6 ou 12 plutôt que 24", explique Sébastien. Son système de circuits courts du producteur au commerçant a pris tout son sens.  "On a bien compris à quel point nous étions à notre place, et tout à fait utile"; renchérit-il.

Résultat :  Pendant les mois de mars avril et mai,  il a fallu quand même réviser les méthodes de travail de sa start up. "Bien sûr le télétravail, on connaissait déjà assez bien", mais raconte-t-il, "il a fallu accentuer cela, recruter en visioconférence des commerciaux, ou bien intégrer à distance de nouveaux partenaires, commerçants ou producteurs, sans les avoir vraiment vus". Enfin, "il nous a fallu instaurer une  barrière entre vie privée et professionnelle". 

À la rentrée et au-delà : "Nous travaillerons plus en confiance, avec plus de liberté", car le télétravail va perdurer.  Mais dans les mois qui viennent, "on devrait voir l'entreprise doubler de volume", explique Sébastien Pelka, qui prévoit de recruter de nouveaux producteurs dans les Hauts de France, pour acheminer leurs productions localement.    

Cette crise, était-ce un mal pour un bien ? "Je ne le dirais pas comme ça", dit Sébastien Pelka, "Ce qui est sûr c'est que le monde de demain il appartient à chacun de le façonner à son échelle. Moi, je ne veux pas laisser à mes enfants le ticket de caisse de ma vie. Je ne veux pas me battre contre un système qui me déplaît, mais agir au quotidien pour un système plus respectueux de tout un chacun".

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